‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 129 sur 195 · CHOIX D'UN VICAIRE PROVINCIAL · texte numérisé non relu

CHOIX D'UN VICAIRE PROVINCIAL

liant aux eaux, excédé surtout de la curiosité indiscrète dont il était l'objet de la part des baigneurs, il revint à Sorèze au bout de quinze jours.

Ce fut un vrai malheur. Le Père, il est vrai, crut un instant se trouver mieux; il se disait plus fort. Mais c'était une illusion causée par le bonheur de se retrouver au milieu de ses chers élèves. L'appétit était devenu tout à fait fantasque. Le dégoût de la viande fit d'effrayants progrès. La digestion devint douloureuse et la nutrition générale ne pouvait manquer de se ressentir de tous ces troubles dans l'une des fonctions de la vie les plus nécessaires. L'amaigrissement faisait des progrès visibles et les forces diminuaient de jour en jour ^ Le Père fit alors aux médecins une concession de plus : il résolut de s'adjoindre un Vicaire provincial.

Il écrivait à cette occasion :

« Mon très-révérend Père, la Congrégation intermédiaire de la Province, réunie à Flavigny le 1" septembre de cette année (1860), a bien voulu prendre en considération l'état de faiblesse où je suis tombé depuis plus de six mois, et qui, de l'aveu unanime des médecins, exige un grand repos, un travail très-restreint, des soins prolongés. Elle m'a en conséquence autorisé à me désigner un Vicaire provincial, auquel je confierni l'administration de la Province, jusqu'à ce qu'il plaise à Dieu de me rendre les forces et la santé. Je n'aurais pas cru, sans cette autorisation préalable, pouvoir imposer à la Pro-

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