‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 130 sur 195 · TRAITEMENT PAR L'HOMŒOPAT HIE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PAR L'HOMŒOPAT HIE

vince, pendant un temps indéterminé, le gouvernement d'un supérieur non élu par elle ; mais la sanction unanime (les Pères de la Congrégation ne m'a laissé aucun doute sur la légitimité et l'opportunité de cette mesure. Je ne cesserai, tout en étant ainsi déchargé du détail administratif, de veiller aux intérêts, aux besoins, à la prospérité spirituelle et temporelle de la Province, qui ne cessera de m'être présente et d'occuper toutes mes pensées. »

Le Père porta son choix sur le P. Ghocarne, qui, successivement Prieur de Paris, de Toulouse, et en dernier lieu de Saint-Maximin, avait réussi partout. Il comptait bien rester derrière son Vicaire pour les cas graves et demeurer le représentant de la Province devant le public. Mais il s'était fait illusion en pensant que son fardeau allait être considérablement allégé. En dépit de sa faiblesse croissante et de nos supplications réitérées, écrit le P. Ghocarne, il ne sut pas prendre un repos absolu. Cette demi-rnesure d'un Vicaire provincial s'accordait mal avec le sentiment de sa responsabilité et avec cette passion d'esclavage au devoir à laquelle il sacrifiait tout. Il continua de gouverner la Province comme auparavant.

C'est en cet état qu'il eut à composer et à prononcer son discours de réception à l'Acndémie française. A la suite de cet etfort, il subit une crise qui trahissait l'épuisement. C'était à la fin de janvier 18()i ; il s'enfuit à Versailles, où il se déroba à tous ses amis, à la réserve de l'abbé Perreyve. Le Père eut alors recours à l'homœopathie, dont il suivit les prescriptions durant quatre à

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cinq mois. Il revint à Sorèze fort souffrant, au commencement de février, et il y reprit ses travaux avec quelques intermittences de mieux. Cette fois encore, il prêcha, comme à son ordinaire, chaque semaine de Carême. Le sujet de ces dernières conférences fut le Devoir. « J'ai quelquefois, écrivait-il, des jours admirables del)ien-être et de vigueur passagère. Ce doit être la fin de ma pauvre vie, ou, au contraire, sij 'ai la force de résister, un principe de renouvellement et d'une puissante vieillesse ^ . » A ce moment, il avait pu se rendre à Saint-Maximin, où il comptait soixante religieux. A son retour, le changement d'air et le repos lui furent conseillés : il consentit à passer le mois de mai à Becquigny, près de Montdidier, chez une personne âgée, madame de Vauvineux, avec laquelle il était lié depuis vingt-cinq ans. 11 s'en trouva bien d'abord ; mais ce temps d'arrêt fut court, et au mois de juin, il revint à l'allopathie. C'est alors qu'il interrogea la vieille expérience de l'un des princes de l'art de guérir, le docteur Rayer. C'avait été le médecin de madame Swetchine. Le traitement prescrit par Téminent professeur fut suivi d'une amélioration nouvelle, mais passagère, comme toujours. Bientôt, pour les médecins, toute espérance fut absolument perdue.

C'est ici qu'il convient de s'arrêter un moment pour raconter les derniers actes du secoiul Provincialat du Père.

En 1859, le P. Besson, avant d'alltM^ mourir au sor-

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