TIERS-ORDRK DE SAINT- DOMINIQUE
chanoine de Notre-Dame la robe de Saint-Dominique. C'est dans ces conditions qu'il reparut dans la chaire métropohtaine le 3 décembre 1843. Sa première conférence n'a point été recueillie dans ses œuvres. Au jugement de l'orateur, cette conférence fut faible, mais telle pourtant qu'il le fallait pour obtenir de l'opinion publique un traité préhminaire de paix. Dès qu'on le vit, il se fit un grand silence. On assure qu'il débuta ainsi : « Après la bataille d'Arbelles, Darius, roi de Perse.... » Il n'y eut aucun cri, aucun désordre. La liberté et l'intelligence s'étaient donné rendez-vous à Notre-Dame ; elles écoutèrent avec un respect digne de l'orateur et digne du lieu. Les journaux se turent ou se montrèrent favorables. Le Siècle, alors dirigé par ^L Ghambolle, se fit remarquer par la netteté de son approbation. Le Gouvernement fut satisfait d'avoir échappé à une tempête.
Le cœur était revenu à tout le monde. Autant les présages avaient été tristes, autant la joie et la sécurité furent ardentes. Le Père en profita pour constituer publiquement dans une cérémonie solennelle, à l'Église Notre-Dame des Victoires, le tiers-ordre de Saint-Dominique. Ce premier noyau se composait de trente hommes de cœur, qui se réunissaient une fois par mois dans une chapelle de Saint-Sé vérin. Nous avons, sur l'effet produit par le Père à cette date, un témoignage tout à fait contemporain, celui d'Ozanam. « Il est impossible, écriv.iit cet excellent juge, de poi-lei dans la discussion religieuse plus de dignité, de prudence et de charité que ne le fait un homme dont on