‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 147 sur 195 · PROSPER I.ORAIN · texte numérisé non relu

PROSPER I.ORAIN

daire ^ Henri l'avait rencontré à la Société d'Etudes de Dijon et lui avait voué une amitié qui ne s'est jamais démentie. Quand madame Lacordaire, en 1829, disait à son fils : « Tu n'as pas d'amis, » elle ne songeait qu'à Paris, où Henri était alors en effet singulièrement isolé, elle faisait abstraction de sa Bourgogne bien-aimée ^. Lorain, il est vrai, demeuré déiste, s'était un peu refroidi à l'endroit de Lacordaire converti, de Lacordaire séminariste, de Lacordaire prêtre, puis dominicain. Mais, du côté de ce dernier, rien de semblable. C'est à Lorain qu'il écrivait : « J'imite nos anciens Pères, qui corres- « pondaient avec les païens de leur temps et leur disaient « des choses aimables de bien bon cœur ^. » Plus tard, le Père donna à son ami, toujours païen, dans une épreuve exceptionnellement délicate,les marques de fidélité les plus éclatantes. C'est lui qui le fit entrer alors au Correspondant et, en 1848, il songea beaucoup à en faire le rédacteur en chef de V Ère nouvelle. Mais les jours de Lorain étaient comptés ; cette année même, le 10 novembre, avant cinquante ans, il succomba. C'était une belle intelligence, singulièrement pénétrante, extrêmement

' Le R. P. Lacordaire, 1847, brochure in-8û de 84 pages. Cetle brochure est la réunion de trois articles qui avaient paru dans le CorresjiOndiDit, en 1847.

L'Abbaye de Clunij, avant de former un beau volume, fut en partie publiée dans Les Dettx Bourgognes, revue fondée à Dijon par Lorain l'ii 1836. Cette date importe.

* Lacordaire écrivait à Lorain le 22 sei)teml>re 1829 : « Ma chambre a ne sait ce que c'est que des pas d'amis... Je suis seul, mais content f( d'être seul. Mes amis de tous les temps ont tontes les affections « fju'ils m'ont connues pour eux, et leur ombre est la seule chose « de la terre qui vienne m,'émouvoir ici. »

s 5 septembre 183L

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