FREDERIC OZANAM
tenait lui-même à aucun parti. Il n'avait point été élevé clans l'amour de la Révolution, car son grand-père maternel s'était enfui de Lyon aux jours des mitraillades, et sa mère avait fait sa première communion sur la terre étrangère. Mais enfin il ne pouvait faire que 1833 ressemblât à 1783 et que les hommes de ce temps-ci fussent les hommes d'autrefois. Il avait l'amour des âmes, et il voyait clairement que ce n'était point en prêchant dans le désert qu'on ramènerait les brebis perdues de la maison d'Israël. Il aspirait donc à rencontrer le prophète nouveau que Dieu destinait à son peuple, et il s'applaudit bientôt de l'avoir trouvé. On a vu quelle part, indirecte il est vrai, mais efficace en définitive, il eut à l'institution des Conférences de Notre-Dame ^ Dans sa correspondance, que tout le monde a lue avec tant de charme, Ozanam rappelle « les premiers débuts de I.acordaire à Stanislas, et ses triomphes de Notre-Dame que, dit-il, 710US faisions un peu les nôtres ^. » Il le nomme « le Pierre l'Ermite de la nouvelle croisade ^. » C'est à lui que s'adressa l'abbé Lacordaire pour faire retenir à Lyon sa place et celle de ses deux premiers compagnons, quand ils partirent pour aller prendre à Rome l'habit de Saint-Dominique, au mois de mars 1839. Ozanam fut très-ému de ce départ, et il eut quelque temps la pensée de les suivre dans le cloître. Mais Dieu avait sur lui d'autres desseins. Le Père eut quelque peine à s'y résigner ; la Notice sur Ozanam porte la trace de ce nié-
• Oi-dpssus, eh. viil.
2 I,ellre'clu 17 mai 1838 (Lrttrm, p. 251) du t. I").
» Lollro (In 7 fevri.'i- 18.(8.