‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 150 sur 195 · HENRI PERREYVE · texte numérisé non relu

HENRI PERREYVE

compte ^ J.e Père ne pouvait condamner le mariage; mais il eût dit volontiers à ses amis ce que disait l'Apôtre : « Je voudrais que vous fussiez tous comme je suis moi-même '. » Toutefois il fit plus que pardonner à Ozanam, il l'aima. « Ozaiiam, dit-il, qui était pour tous un chrétien éminent, fut pour moi davantage. Sa main s'était approchée de la mienne, et son esprit, durant vingt ans, avait été l'Iiôte fidèle des régions qu'habitait le mien. Nous vivions dans la même vérité, mais aussi dans le même siècle, dans les mêmes pressentiments et les mêmes aspirations; en descendant des devoirs et des sommets éternels, nous nous rencontrions encore au-dessous, là où les ombres commencent, et où la foi elle-même ne suffit plus pour tenir les cœurs étroitement embrassés ^. » Le Père le pleura, « comme un des serviteurs « de Dieu qui avaient le plus honoré l'Eglise pendant les « vingt dernières années ''. » On sait ce qu'il a fait pour sa mémoire. C'est de Frédéric Ozanam qu'il m'a dit sur son lit de mort : « C'est un ancêtre ! »

Que dirai-je d'Henri Perreyve? « Tous ceux qui l'ont connu, a dit excellemment son éloquent panégyriste ■', avoueront qu'il est facile de caractériser et cette àme et cette vie par un seul trait, qui résume le reste, et que ce trait se peut exprimer d'un seul mot : la heautê. Tout ce

• Qui ne se rappelle ce i)assage? « 11 est vin i)iége qu'Ozanam n'évita « point : (lès qu'il fut heureux, il voulut donner son bonheur et augnien- « ter le sien en le partaujeant... »

« I Cor., vu, 7.

» Œuvres, t. V, p. 305.

'• A l'abbë Perreyve, 27^ aoi"»f 1854.

s Le R. r. Oratrv.

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