‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 151 sur 195 · HENRI PERREYVE · texte numérisé non relu

HENRI PERREYVE

que le courage, l'intelligence, le dévouement et la bonté peuvent donner de beauté à une âme, tout ce que l'expression d'une telle âme peut donner de beauté au corps do l'homme et à sa face, la nature et la grâce le lui avniont donné ; il en était resplendissant! »

Il était né le 11 avril 1831. Dès l'avent de 1843, à peine âgé de douze ans, il tremblait d'enthousiasme au pied de la chaire de Notre-Dame. Mais ce ne fut que six ans après qu'il fut présenté au P. Lacordaire, qui l'aima du premier regard, dit le R. P. Gratry, comme ce jeune homme dont il est écrit dans l'Evangile que Jésus l'ayant regardé, l'aima : Jésus intuitus euni, dilexit eura ^ Cette amitié a inspiré au Père une série de chefs-d'œuvre. C'est à Henri Perreyve qu'ont été adressées la plupart des Lettres a des jeunes gens, et les plus belles. « Pour « moi, écrivait Af. de Montalembert le lendemain de la « publication, elles m'ont émerveillé au delà de tout ce « que j'ai jamais lu et entendu do Lacordaire. Jamais il « n'a été si prêtre que dans ces Lettres du déclin de sa vie. « Jamais non plus il n'avait uni au même degré la ten- « dresse et l'austérité, la grandeur et la grâce. » Il avait vivement désiré avoir l'abbé Perreyve auprès de lui, comme aumônier do l'école de Sorèze. Ce désir ne fut point accompli. Le Père en fut contristé; mais sa tendresse n'en reçut aucune atteinte. Il n'en laissa pas moins à l'abbé Perreyve tout ce qu'il possédait en propre, tous ses manuscrits, tous ses papiers ; sur son lit de mort, il le proclama l'héritier de sa pensée et hii légua le soin de sa mémoire.

« Marc, x, 21.

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