‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 152 sur 195 · LA BONTE · texte numérisé non relu

LA BONTE

Voilà l'une des grâces insignes (|ue Dieu a faites à notre âge. Quel siècle, en vérité fut béni plus que le nôtre, et jusqu'où ne faut-il pas remonter dans le passé pour rencontrer un groupe de trois amis aussi chrétiens, aussi éloquents, aussi aimables, que Frédéric Ozanam, Henri Peri-eyve et le P. Lacordaire !

Ils possédaient tous les trois le don par excellence, la bonté. L'enseignement de la bonté, ce fut, dit le R. P. Gratry, la première leçon que donna le P. Lacordaire cà Henri Perreyve. « Par-dessus toutes choses, lui écrivait-il, soyez bon ; la bonté est ce qui ressemble le plus à Dieu et ce qui désarme le plus les hommes. Vous en avez des traces dans l'âme, mais ce sont des sillons qu'on ne creuse jamais assez. Vos lèvres et vos yeux ne sont pas encore aussi bienveillants qu'ils pourraient l'être, et aucun art ne peut leur donner ce caractère que la culture intérieure de la bonté. Une pensée aimable et douce à l'égard des autres, finit par s'empreindre dans la physionomie et finit par lui donner un cachet qui attire tous les cœurs. Je n'ai jamais ressenti d'affection que pour la bonté rendue sensible par les traits du visage. Tout ce qui ne l'a point me laisse froid, même les têtes où respire le génie; mais le premier homme venu qui me cause l'impression d'être bon, me touche et me séduit K » Et une autre fois : « Il n'y a pas de beauté sans bonté. Le beau est l'harmonie du bien et du vrai dans une même chose, la splendeur confondue de l'un et de l'autre;

i 22 avril 1852.

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