QUESTION GALLICANE
France l'Ordre des Frères Prêcheurs, il reçut la grâce de se tenir également éloij^né, d'une interprétation littérale et impossible des constitutions, et d'un affranchissement trop large et relâché : il eut le mérite de donner, en cette occasion, une nouvelle preuve de cet esprit de mesure ennemi de tout excès, qui marquera ses idées et ses actes du caractère de durée, privilège de tout ce qui est vrai. » Disons plus. La religion catholique a ses dogmes, qui, catégoriquement définis par l'Eglise, ne souffrent aucune atténuation. Mais, en dehors des dogmes, il est des points de doctrine sur lesquels l'autorité suprême ne s'est point encore prononcée d'une manière irréfragable: sur ces points, Lacordaire n'a jamais incliné vers l'opinion la plus tranchante. Certainement les biais n'étaient point dans sa nature, et la diplomatie n'était pas son fait. Mais retendue de son esprit lui faisait voir les questions sous des faces qui échappaient à d'autres, et c'est ainsi qu'il était naturellement conduit à des solutions moins absolues.
Prenons pour exemple la thèse gallicane. Lacordaire avait pris en singulière aversion le gallicanisme, dont les derniers représentants, assurément bien mitigés à l'endroit du Saint-Siège, étaient, d'ailleurs, en 1832, les plus passionnés adversaires des idées modernes. Certes il avait d'autres raisons de répudier une doctrine si chère à tous les oppresseurs de l'Eglise ; mais il avait de plus les motifs que je viens de dire, et l'Histoire ne doit point les passer sous silence. Et pourtant c'est Lacordaire qui a écrit ceci : « U omnipotence papale est sans doute une expression dont on peut se servir, puisque le Concile œcu-