QUESTION GALLICANE
ménique de Florence définit le pouvoir du Pape i'lenam 'potestatcm pascendi , regendi et giihernandi Ecclcsiam Dei. Mais déjà ces dernières expressions réduisent l'omnipotence au gouvernement intérieur de l'Église. Et, de plus, tous les catholiques instruits savent que le Pape ne peut rien contre les dogmes, ni contre les institutions apostoliques. Mais les ignorants, qui sont nombreux, ne le savent pas. Le mot d'omnipotence se traduit dans leur pensée par celui de pouvoir absolu et arbitraire, au lieu que rien n'est moins absolu ni moins arbitraire que le pouvoir pontifical. J'ai sans cesse l'occasion de voir combien il iuiporte de ne pas donner lieu à de fausses idées sur un point aussi important. Le gallicanisme ancien est une vieillerie, qui n'a plus que le souftie, et à peine. Mais le gallicanisme qui consiste à redouter un pouvoir sans limites, s'étendant par tout l'univers sur deux cents millions d'intelligences, est un gallicanisme très-vivant et très -redoutable, parce qu'il est fondé sur un instinct naturel et même chrétien ^ » Aucun intérêt, aucune considéralion personnelle quelconque ne suggérait cette réserve au P. Lacordaire : il y avait été conduit, comme je Tai dit, par la supériorité de son esprit, et aussi par son contact de chaque jour avec les hommes et les idées de son temps.
Non qu'il sacrifiât à la popularité : l's quelques lignes do lui qu'on vient de lire n'avaient point été écrites pour le public, mais pour un ami qu'il voulait préserver de certaines affirmations excessives. Le Père avait en dé-
' A M. lie Montaleuibeit, 26 inui 1817.