‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 156 sur 195 · QUESTION LITURGIQUE · texte numérisé non relu

QUESTION LITURGIQUE

goût plus que personne la popularité « qui s'achète par de « lâches concessions aux erreurs d'un siècle '. » Les adversaires des idées modernes aiment à représenter les catholiques amis de la liberté comme n'étant pas assez en garde contre les capitulations de conscience. Cette suspicionnesaurait atteindre Lacordaire.il n'était point homme d'entre deux, il n'était pas tiède, il n'était que modéré.

Constamment on l'a retrouvé tel en toute occurrence.

Personne ne déplorait plus que lui que la France du dix- huitième siècle eût rejeté la liturgie romaine. Ce sentiment était ancien chez lui : je le lui ai ouï professer dès 183L Mais qualitier d'hérésie l'abandon de la liturgie romaine par presque tous les évêques de France, montrer les Jansénistes comme les promoteurs et les auteurs uniques de cette innovation, c'était, à ses yeux, une bien rude injure pour une église qui, prise dans sa masse, a résisté constamment au Jansénisme. Il semblait évident à Lacordaire qu'au dernier siècle, deux pensées préoccupaient tous les esprits : le goût d'une latinité plus pure, goût qui remontait à la Renaissance, et celui d'une critique plus exacte, né des travaux modernes sur toutes les branches de l'antiquité sacrée et profane. C'était là surtout ce qui frappait le clergé français du dix-huitième siècle dans sa grande masse, lorsqu'il s'est agi du remaniement général de la liturgie. De là l'entraînement universel*. Je ne lejustilie pas, je l'explique. C'est un entraînement en sens contraire qui a rétabli de nos jours en France l'unité liturgique. En soi, ce mouvement est bon; mais peut-

' Œuvres, t. V, p. 439.

* A M"' Swetchiiie, 14 octobre 1843.

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