LE P. LACORDAIRE ET LE P. DE RAVIGNAN
Dieu ! protégez la Chrétienté ! 0 Dieu ! Scauvez la Chrétienté M »
Cette première station dominicaine prêchée à Paris ne se termina que le 21 janvier 1844. Lacordaire l'appelait « la plus périlleuse et la plus décisive de ses campagnes. » Elle réussit, dit M. de Montalembert, au delà de toute attente.
« C'étaient, ajoute à bon droit le grand orateur, c'étaient les temps héroïques de nos luttes religieuses et libérales. C'est alors qu'on vit unDominicain et un Jésuite (le P. de Ravignan), tous deux illustres, tous deux supérieurs à l'ombre même d'une jalouse rivalité, enseigner à la jeunesse l'art de fouler aux pieds le respect humain, et les conduire à la pratique delà foi en même temps qu'à la conquête des droits civils du Catholicisme. Chaque hiver, le P. Lacordaire faisait à Paris sept ou huit conférences pendant les mois de décembre et de janvier : après quoi il allait prêcher le carême dans une ville de province, en laissant au P. de Ravignan le soin de le remplacer à Notre-Dame et de préparer, par sa station du carême et sa retraite de la semaine sainte, ces communions pascales qui ont été depuis lors la gloire et la consolation de l'Eglise de Paris. »
11 n'y avait pas là seulement un grand spectacle; il y avait la révélation d'une puissance morale considérable, dont les hommes politiques d'alors n'avaient eu auciui soupçon, et avec laquelle, à leur grande surprise, il leur fallait compter séi'ieusement désormais. M. do Montalem-
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