LA LIBERTE DE L'ENSEIGNEMENT
bert a raison de ne pas séparer ces deux choses, le r<?veil de la foi dans les âmes et la conquête des droits civils de la Religion. Nul doute qu'au moment où la lutte pour la liberté de l'enseignement devenait imminente, la parole et l'accent de I.acordaire dans la chaire de Notre-Dame de Paris, n'aient, comme l'atteste son ami, affermi et enflammé tous les courages. Le long triomphe de l'orateur sacré fut, en effet, le digne prélude de la grande campagne parlementaire de 1844 et de celle de l'année suivante, où les ordres religieux, attaqués à la tribune, y furent défendus comme ils ne l'avaient jamais été, même en 1789.
C'est ici le lieu de bien dessiner l'attitude spéciale du P. Lacordaire durant cette lutte.
Gomme on l'a vu, la question de la liberté de l'enseignement n'était pas nouvelle. Elle s'était posée d'elle même en 1808, quand l'Université étouffa sans pitié les écoles libres récemment créées par le Clergé, pour le bien évident des âmes et à la grande satisfaction des familles \ Comprimée par la main de fer de Napoléon, mais immédiatement mise à l'ordre du jour le lendemain même de sa chute, ajournée par le coup de main du 20 mars 1815. vivement agitée après la seconde Restauration, ardemment reprise surtout après la suppression des collèges des Jésuites, la question avait été, en principe, un peu par hasard il est vrai ~, nettement tranchée contre le mono-
1 V. la correspondance de» frères la Mennais avec M. Brute (années 1808 et 1809). — Paris, Bray, éditeur, 1802.
' V. là-dessus les révélations d'un témoin des mieux inforniés, M. Bérard, rapporteur de la Charte de 1830.