ACTION EN DEHORS DES PARTIS
che. Dans la direction des âmes, on peut le voir par ses lettres de direction de toutes les époques, la patrie du temps comme celle de l'éternité lui est constamment présente; jamais il ne laisse oublier au chrétien ses devoirs de chaque jour envers son pays, et, sous ce rapport, il a prêché d'exemple toute sa vie.
Il l'a fait de bonne heure : la vie politique s'est éveillée en lui avant la vie religieuse. Son cœur n'a pas toujours battu pour Dieu; il a toujours battu pour son pays. Devenu prêtre, — sans j amais s'inféoder à aucun parti, j amais il ne s'est désintéressé personnellement des atfaires de son pays; jamais même il ne s'est tenu entièrement en dehors de la vie publique. Chacun de nous se doit au pays jusqu'à l'immolation : c'est sous l'inspiration exclusive de ce sentiment qu'il écrivit dans V Avenir, et qu'en 1848 il entrait à l'Assemblée Constituante et il fondait VÈre nouvelle. Il se trompait alors sur l'apphcation du principe ; mais combien son mobile était pur, et combien le principe n'est-il pas sacré! C'est ainsi encore, mais mieux inspiré cette fois, qu'en 1853, seul debout au milieu du découragement des uns et des flots cV adulation des autres, il protestait intrépidement contre le despotisme, dans la chaire de Saint-Roch. C'est ainsi enfin qu'en 1854, il faisait à Toulouse son admirable conférence : « De Tinfluence de la vie surnaturelle sur la vie privée et sur la vie publique, » et qu'en 1861, à l'Académie française, il prononçait un discours qui restera sur la bonne et la mauvaise démocratie. Il n'a rien fait jamais par esprit de parti, tout par pur patriotisme. Il n'a point agi en léi:i{imist(\ on orléaniste, on rrpuljlicain ; il a entendu