LE PÈRE ÉTAIT MONARCHISTE
penser de l'hétérodoxie prétendue du P. J.acordairo. Reste à apprécier ses opinions purement politiques.
Écoutons-le à son lit de mort. « Partisan, depuis ma jeunesse, de la monarchie parlementaire, j'avais borné tous mes vœux et toutes mes espérances à la voir fondée parmi nous. Je ne haïssais ni la branche aînée des Bourbons ni la maison d'Orléans. Je n'avais considéré en elles que les chances qu'elles présentaient à l'avenir libéral du pays, prêt à soutenir les premiers si la Charte de 1814 leur avait été chère, prêt à soutenir les seconds si la Charte de 1830 avait reçu d'eux ses développements naturels. . . Libéral et parlementaire, je me comprenais trèsbien; républicain, je ne me comprenais pas moi-même V »
Voilà qui est catégorique. Lacordaire donc était profondément monarchiste. Il n'a été républicain que par nécessité (le jour seulement où la monarchie s'est trouvée impossible en France). Il est vrai que, par honneur, il est demeuré tel jusqu'au 2 décembre 1851, ne voulant pas qu'on pût douter de la loyauté de son adhésion de 1848 à l'expérience politique qui fut alors tentée. Il est vrai qu'il s'est prêté en toute sincérité à cette expérience, et qu'en conséquence, il s'y est prêté jusqu'au bout, acceptant pour lui-même les luttes de la tribune comme celles de la presse périodique, et ne s'en retirant que devant l'évidence éclatante de son impuissance et de son isolement*. Il est vrai aussi qu'il n'a point accepté le 2 décembre, parce qu'il n'aimait la monarchie qu'autant qu'elle est sérieusement contrôlée et que le 2 décembre était l'inauguration de la
i NoTici-:.
2 Lettre ilu l'ère aux électeurs îles Bouclu-s-du-Rhùue.