NOTICE SUR OZANAM
hommes leur égalité devant Dieu, et y a-t-il si loin de l'égalité devant Dieu à l'égalité devant la loi ? La liberté politique, si elle n'est pas d'origine chrétienne, puisque les anciens la connaissaient, n'est pourtant pas étrangère à la chrétienté : le moyen âge l'avait ressuscitée sous une forme qu'ignorait l'antiquité, et de cette forme étaient sortis les peuples modernes, avec la monarchie tempérée, qui faisait leur force et leur honneur. Quant à la liberté religieuse, elle était le fruit naturel et inévitable de la dissidence entre les communions chrétiennes. Du jour où le Christianisme s'était partagé en plusieurs rameaux, il avait fallu choisir entre une persécution réciproque, dangereuse pour tous, tôt ou tard odieuse à tous, et une liberté honorable aux forts et aux faibles, leur laissant aux uns comme aux autres le prosélytisme de l'intelligence et de la vertu. Ces faits, ajoutait-on, sont des faits accomphs ; ils sont le nœud de ce siècle, et si l'Église n'en a pas encore profité pour son affranchissement personnel, c'est que, tardive à se prononcer, ennemie dos ruines les plus nécessaires, elle attend de l'expérience une révélation digne de sa profonde et patiente sagesse. Pour nous, ses enfants, qui devons une moindre prudence à une moindre responsabilité, que tardons-nous à revendiquer notre liberté propre au nom de la liberté de tous? Une société, quelle qu'elle soit, ne peut traiter en amis ceux qui se font ses ennemis. Il ne faut jamais, à la vérité, transiger avec le mal ; mais ici le mal n'est pas dans les principes, il est dans leur fausse application. Le jour où l'Eglise aura sa part de la liberté et de l'égalité conmiunes, elle leur apportera sa mesure avec sa