LA VIRILITÉ DES AMES
force, et le cours des esprits prendra tout ensemble et plus de justesse et plus de gravité. »
La question est ici traitée au point de vue religieux surtout. Mais le P. Lacordaire sentait mieux que personne qu'il y a un autre bien encore à sauvegarder : la virilité des âmes. C'est le sujet de la dernière de ses Conférences de Toulouse. La Religion est le bien suprême des Etats comme des individus ; mais enfin, il faut le reconnaître, la Religion n'est pas tout, et ce serait une illusion de croire qu'elle supplée à tout. L'Histoire proteste absolument contre une illusion semblable. Ainsi, par exemple, la foi qui a fait les martyrs, a-t-elle pu empêcher, après Constantin, cet affaissement, cette dégradation progressive des caractères qui, en plein christianisme, a abouti au Bas-Empire ? C'est qu'il faut à l'activité humaine un but temporel digne d'une âme généreuse : si ce but fait défaut, la flamme civique s'éteint dans le vide et, en dépit de la Religion, les caractères s'abâtardissent. Tout observateur en a été frappé, en France, après le 2 décembre 1851 : l'extinction de la vie publique avait tout atrophié à vue d'œil ; la décadence des caractères s'est accélérée avec une effrayante rapidité. La liberté politique sans doute a ses écueils : elle ne donne pas la Aertu, dont la Religion est la plus sûre comme la plus puissante inspiratrice ; mais enfin, en instituant les luttes do la x'io i>ubliquo, la liberté politique offre à l'activité de l'iiomme un but d'un ordre élevé ; elle provoque l'effort, elle décuple la vigueur native de r.'itno, o( celte vigueur, nprès tou(, profile à la religion