‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 175 sur 195 · APPROBATION DE LA GIJERRK D'ITALIE · texte numérisé non relu

APPROBATION DE LA GIJERRK D'ITALIE

pouvoir. Il eut soin de faire à cet égard ^ des réserves formelles. Qu'y a-t-il donc là de commun avec le dogme révolutionnaire de la souveraineté du but ?

Il en est de même de l'approbation donnée à la guerre d'Italie. Le Père croyait au droit des Italiens. Les Italiens étaient une nation, les Autrichiens en étaient une autre. La guerre de la succession d'Espagne avait mis le Milanais dans la main de l'Autriche ; les traités de 1815 y avaient ajouté la Vénétie ; singulièrement étendus et aggravés ensuite par l'habileté diplomatique du prince de Metternich, ces traités avaient donné à l'Autriche la domination sur toute l'Italie : rien de tout cela n'était légitime. Puisqu'il y avait incompatibilité de mœurs entre les deux peuples, il était injuste que celui des deux qui avait le plus de soldats tînt l'autre sous lui ; toute la question se réduisait à ce point pour Lacordaire. Je sais tout ce qu'on peut répondre à cette argumentation, je n'entends pas du tout la faire mienne ; je me borne à dire que cette façon de voir était plausible. Aux yeux du Père donc, la guerre d'Italie ne se légitimait point par le but seulement, c'est-à-dire par l'utilité politique; elle était légitime en soi, elle était fondée sur la justice, et la France, en s'y associant, remplissait un rôle chevaleresque, (juant à l'entrevue de Plombières et aux moyens employés par M. de Gavour pour en venir à ses fins, le Père les ignorait profondément. Jamais il n'approuva, jamais il n'excusa ces moyens. M. de Montalembert le reconnaît, aucun des journaux de

' V. le Moniteur ilu 10 mai 1848.

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