‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 181 sur 195 · LES DIMANCHES DES CONFÉRENCES · texte numérisé non relu

LES DIMANCHES DES CONFÉRENCES

sans avoir conjuré le démon d'orgueil par l'exorcisme du fouet et des verges. « Que n'a-t-on pas imaginé par ignorance, par vulgarité de cœur, ou par mauvaise foi, sur sa vanité de prédicateur, sur son désir de plaire et de briller ? Disons donc aujourd'hui comment se passaient ces dimanches des Conférences, ces grandes journées de Notre-Dame. Il demeurait la matinée dans une profonde méditation. Personne n'entrait dans sa chambre, si ce n'est un ou deux de ses plus intimes amis, qui venaient s'assurer si rien ne lui manquait ; on entrait et sortait en silence, attentif à ne pas troubler sa pensée recueillie. Il déjeunait seul à neuf heures. Par exception, il faisait gras ce jour-là; mais son repas était fort modeste. Si le temps était beau, il descendait au jardin, se promenait lentement, s'arrêtait devant une fleur, souriait à toute cette verdure inondée de lumière, et reposait son esprit dans une douce contemplation des belles et pures œuvres de Dieu. C'était comme un prélude où son inspiration se plaisait à monter par degrés à des harmonies d'un ordre plus élevé. Il partait à onze heures, accompagné de son ami M. Cartier. Vers trois heures, il rentrait, accablé de fatigue, mais le front transfiguré, le visage en feu, l'âme toute chaude encore et débordant de foi, d'éloquence, d'amour. Pour réparer ses forces épuisées, parfois, il se mettait au lit, et, faisant entrer un de ses amis, jeune laïque qui avait alors toute sa confiance, il s'entretenait familièrement avec lui de l'amour de Notre-Seigneur et du bonheur do la vie religieuse. A l'heure du souper, on lui apportait son repas, exactement le même que celui de la communauté : deux œufs et une salade. Puis il repro

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