MADAME DE LA TOUR DU TIN
s'échapper de la Chênaie, et phisieurs mois avant qu'il eût été conduit par M. de Montalembert chez madame Swetchine. Il trouva dans la comtesse Eudoxie une remarquable intelligence, un grand cœur, une façon de juger fort indépendante, fort dégagée de l'esprit d'exclusion des légitimistes, et tout cela uni à une profonde piété. Trois années durant, la maison de madame de la Tour du Pin fut pour l'abbé Lacordaire un lieu de consolation, « où il était sûr de rencontrerun moment doux, et d'en sortir plus heureux \ » Il perdit la comtesse Eudoxie le 5 mai 1851, et c'est alors qu'il lui rendit ce témoignage que, par l'élévation de son esprit, par la sympathie de cet esprit avec le sien, et par Fadmirable dévouement qui la remplissait, elle avait été l'une des forces de sa vie ^. Quelle magnifique oraison funèbre !
C'est toutefois dans la direction des religieux que la bonté du Père éclate davantage : c'est là qu'on sent combien cette âme forte était en même temps une àme tendre. Relisez les fragments cités par le R. P. Chocarnc. «Combien je me réjouis de me retrouver avec vous et avec toute notre famille spirituelle ! J'en ai faim et soif. Je voudrais pouvoir ne plus sortir de Chalais. En être éloigné, c'est toujours là mon plus grand sacrifice dans la vie que je mène^... Aimons-nous jusqu'à donner notre vie les uns pour les autres, jusqu'à désirer de soutfrir la mort et l'ignominie les uns pour les autres. Pour moi, mon plus
i Correspondance La Tour fhi Pin, \>. 2.
2 Ibùf., p. 6.
* Lié^^e, 7 mars 1847.