‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 19 sur 195 · SON MEMOIRE AU ROI · texte numérisé non relu

SON MEMOIRE AU ROI

reconnaître, pour le contenir que pour le diriger. Il le fit, au reste, avec une modestie toute sulpicienne. « Je ne vous demande pas, écrivait-il confidemment aux Evêques le 13 mars 1841, je ne vous demande pas à connaître vos espérances, vos craintes, et les réclamations que vous jugerez convenable de faire auprès du Pouvoir. Cependant, si vous jugez à propos que je puisse être utile à la cause de l'Eglise de France en cette circonstance, je recevrai avec reconnaissance les renseignements que vous me transmettrez, et n'en userai que selon vos intentions ; je me bornerai au rôle d'intermédiaire ^ » A cette date, dans la pensée de M. Atfre, la question générale de la liberté d'enseignement ne devait point occuper la sollicitude des Evêques ; ils n'avaient à intervenir que pour la liberté de leurs petits séminaires. Mais, en 1844, la situation des esprits n'était plus la même. M. Glausel de Montais, évêque de Chartres, M.Parisis, évêquedeLangres, M. de Montalembert, par une brochure éloquente-, avaient ému la conscience des Catholiques ; le cri public était devenu si fort, que les plus circonspects se trouvaient entraînés à demander la liberté tout entière. M. Atfre lui-même s'unit à ce mouvement nouveau des esprits, mais toujours avec la ferme détermination de le modérer. Dans cette pensée, il crut plus digne, plus épiscopal, d'éviter encore la publicité et d'adresser au Roi, comme témoignage de confiance personnelle et de respect, un mémoire confidentiel contrôle monopole de l'Université.

' Castan, Histoire de M. Affre, p. 96.

- Du Devoir des Catholiques, novembre 1843.

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