‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 48 sur 195 · VOYAGE DU PERE A ROME · texte numérisé non relu

VOYAGE DU PERE A ROME

clans une petite maison. » Drouot avait toujours aimé la lecture de la Bible ; il la lisait au bivouac, appuyé sur un canon ; il la relisait aux Tuileries dans l'embrasure d'une fenêtre. Entièrement aveugle durant les quatorze dernières années de sa vie, quand il fut sur le point de perdre définitivement la vue, il se souvint de la cécité de Tobie, et les derniers mots qu'il ait écrits de sa main ont été ceux-ci : Non est contristatus Tohias C07itra Deum quod plaga cœcitatis evenerit ei ; sed immohilis in Dei timoré permansit, agens graiias Deo oimiihus diehus vitce suce ^ Gomment l'éloge d'un tel homme n'aurait-il point porté bonheur à l'éloquence de Lacordaire ?

Au mois de septembre 1847, le Père reprenait pour la sixième fois le chemin de Rome. Il cédait en ce point aux instances de ses religieux : il leur semblait désirable qu'au bout de six ans et au point où en était en France la restauration dominicaine, il vît le nouveau Maître général, le P. Ajello, et se fit connaître de Pie IX.

Lacordaire passa quatorze jours à Rome, où le Souverain Pontife le reçut avec une bienveillance tout à fait encourageante. « C'est un homme, écrivait-il, d'une pliysionomie douce, d'un regard ouvert, élevé, pénétrant ; il est simple et cnlme. » Les impressions du Père dans ce voyage décidèrent de l'attitude que nous lui verrons I)rendre en 1848.

Il tenait pour certain qu'une réforme politique était né-

I icToliie 110 miirimnM |)i)iiit contre Dieu df ce que la pluie de la cécité l'avait frappé, mais il demeura imiiuiahle dans la crainte de Dieu, reiiiliint grâces à Dieu tous les jours de sa vie. >> (ToniK. il, 13-14.)

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