‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 54 sur 195 · NUANCE POLITIQUE DU PERK. 13.Î · texte numérisé non relu

NUANCE POLITIQUE DU PERK. 13.Î

France après la chute consécutive de trois monarchies. Je l'admettais bien comme un système de gouvernement praticable en soi, mais sans la rattacher par un lien doctrinal, comme le faisaient mes collaborateurs, aux dogmes et aux principes de l'Évangile. Sans doute, c'est l'Évangile qui a fondé la liberté dans le mondo, qui a déclaré les hommes égaux devant Dieu, qui a prêché les idées et les oeuvres de la fraternité; et l'on peut appeler cela démocratie, si l'on veut. Mais ce mot, d'après son étymologie, exprime plutôt le sens de gouvernement par le peuple : or, j'avoue ne pas voir clairement qu'il y ait nécessairement plus de liberté, d'égahté, de fraternité, sous une démocva,iie prise en ce sens -là, que sous une monarchie. Gela peut être ou ne pas être. C'est là une question, et, pour ma part, je la crois au moins douteuse ^ » L'entrée du Père dans la vie politique, comme fondateur et rédacteur on chef d'un journal, eut d'ailleurs malheureusement bientôt une conséquence qui ne s'était point présentée d'abord à sa pensée, mais qu'il ne crut pouvoir décliner quand elle vint à se produire. Dans les démocraties, du journal à la tribune, il n'y a qu'un pas. Sept ou huit départements inscrivirent le Père au nombre de leurs candidats à l'assemblée constituante, sans que nulle part il eût sollicité les suffrages. Certes ce n'était pas le journaliste qu'on recherchait comme candidat, c'était le grand orateur, à la fois cathohque et libéral. Mais le prédicateur eût pu déchuer la candidature ; le journaliste ne le pouvait pas. Repousser ces avances de l'opinion publi-

i A M. de la Perrière, 16 novembre 1848.

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