‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 55 sur 195 · CANDIDATURE A LA CONSTITUANTE · texte numérisé non relu

CANDIDATURE A LA CONSTITUANTE

que, n'eùt-ce pas été se mettre en contradiction manifeste avec le parti qu'il venait de prendre de descendre dans le forum et de vouer tous ses moyens d'action au salut de son pays ?

Or, tout s'enchaîne dans la vie publique. Des clubs électoraux s'ouvrirent à Paris; des invitations furent de partout adressées à Lacordaire pour qu'il parût dans ces réunions, afin de répondre là aux questions qui lui seraient posées? Rejeter toutes ces invitations, sans distin- ^mer entre elles, c'était renier les mœurs démocratiques, c'était un suicide. On alléguait à Lacordaire l'exemple de saint Bernard qui, malgré ses répugnances, n'avait jamais résisté pourtant à l'appel que faisaient de lui les rois ou les peuples. Il se résigna donc à paraître dans deux réunions qui représentaient plus particulièrement la jeunesse des écoles. Longtemps néanmoins il avait résisté à toutes les sollicitations qui lui étaient faites en ce sens. Mais quand il vit passer sous ses fenêtres les élèves du séminaire de Saint-Sulpice qui s'enfuyaient de Paris, son parti fut pris sur l'heure. « Avant tout, avait-il dit dès le premier jour, avant tout, il faut combattre la peur en ne reculant devant aucun devoir ^ Ils se sauvent ! Mais c'est le plus sûr moyen de provoquer la poursuite. Nous devons, au contraire, ouvrir nos portes et nos fenêtres, nous montrer partout, confiants dans nos droits de citoyens. » C'est le soir môme et sous celte impression qu'il se rendit au chibde V Union'. Il n'y posa point du tout sa

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