‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 56 sur 195 · LACORDAIRE AU CLUB DE L'UNION · texte numérisé non relu

LACORDAIRE AU CLUB DE L'UNION

candidature, il y déclara même formellement qu'il ne s'y présentait pas comme candidat.

Je n'insiste pas sur l'extrême noblesse d'attitude de Lacordaire dans les deux assemblées électorales où il condescendit à se montrer : M. de Montalembert lui a rendu à cet égard un témoignage impérissable ^ Mais ce que M. de Montalembert a omis de dire, c'est que, dans l'une et l'autre occasions, le Père déclara hautement que, le 23 février 1848, il n'y avait pas en lui « un atome de républicanisme^. »

Au grand amphithéâtre de l'École de médecine, son succès fut très-grand. On empêcha ce succès à la Sorbonne par des cris et un tumulte venus du dehors. C'était le 11 avril 1848. La grande salle de la Sorbonne était envahie par deux à trois mille auditeurs, tandis qu'une foule innombrable, ne pouvant pénétrer dans Tenceinte, inondait la cour de l'antique édifice en troublant de ses chants et de ses clameurs les discussions du dedans. On jette à la tête du Père sa Lettre sur le Saint-Siège, où il définissait la Uépublique « la guillotine entre deux monarchies. » Une tempête effroyable s'élève à cette lecture. Pendant une heure, l'accusé attendit le silence, calme, et résolu à tenir bon à la tribune jusqu'à ce qu'on eût l'équité de l'entendre. Il parla enfin, et pas un mot de la Lettre sur le Saint-Siège ne fut rétracté. On crut

1 Le 1'. Lacordaire, piir M. le comte de Montalembert, j). 207 et suivantes.

- Biographie des candidats à l'Association nationale, pur >in vieux Montagnard. — Lacordaire (Henri) devant le club île TInion. — SténoîTraphié par Corhy.

Pnris, librairie re'pvhl ira ine Ae Gustave Havard, in-24 de 3^ paires.

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