‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 57 sur 195 · LAGORDAIRE AU CLUB DE LT'NION · texte numérisé non relu

LAGORDAIRE AU CLUB DE LT'NION

alors embarrasser Lacordaire en lui demandant ce qu'il pensait du discours de M. de Montalenibert sur la question suisse. Il répondit :

« Je distingue. M. de Montalembert, à mon sens, n'a pas vu la question d'une manière complète : il n'a vu que la liberté religieuse compromise ; il y avait aussi à examiner la question de l'unité de la nationalité helvétique. Pour ma part, si j'ava s eu à traiter cette question^ j'aurais établi que la Suisse avait le droit de vouloir l'unité helvétique ; que, par conséquent, il ne fallait pas confondre avec des mouvements anti-religieux tous les mouvements qui se produisent dans ce pays. Je crois donc que M. de Montalembert n'a vu qu'une partie de la question, qu'il ne l'a pas vue tout entière. Mais, toutes les fois qu'un orateur a des vues qui, sans être complètes, partent néanmoins d'un cœur ferme, ami de la liberté, ami de la liberté de tous les peuples, je crois que l'on doit se montrer plus qu'indulgent à l'égard de cet homme. Je n'aur.'us pas dit ce qu'il a dit, et cependant son discours ne m'empêche pas de reconnaître que M. de Montalembert est un bon Français, wi homme de talent, dévoîw à la chose publique; par conséquent, Je suis resté pénétré â! estime et d' amitié pour lui.

« Le CITOYEN Barnabe. — I.a question que je posais au candidat n'était pas une question religieuse : je demandais seulement au P. Lacordaire s'il adopte le jugement porté sur les libéraux en général et sur les hommes de 93 en particulier, par le citoyen Montalembert.

« Le citoyen Lacordaire. — Lecitoyen Montalembert, dans son discours, a porté un jugement sur ce qu'il a an-

Page 1