LACORDAIRI-: AU CLUB DR I/U\ION
pelé les radicaux présents et anciens : les radicaux de 1793 et les radicaux de 1847. Je déclare, pour ma part, que je ne suis pas le moins du monde radical, dans le sens que l'on attache ordinairement à ce mot. — Le mot radical a dans notre langue une signification qui, jusqu'à présent, n'est pas favorable. . . (Le candidat est interrompu dans ce moment. — Mouvements divers à l'intérieur. — Clameurs au dehors.)
« Messieurs, en deux mots, M. de Montalembert a dit du mal de 1793 : eh «bien! je déclare que, pour ma part, il y a des hommes de 93 dont je ne pourrai jamais dire du bien ; qu'il y a eu également en 1847, en 1848, et qu'il y aura même en 1849, des discours, des faits, de certains révolutionnaires, dont je ne pourrai jamais dire du bien. Maintenant, quels sont ces révolutionnaires? Ce sont ceux qui ne veulent ni la liberté dans l'ordre, ni l'ordre dans la liberté. Je regarde l'ordre et la liberté comme deux éléments essentiels à la vie humaine, et quiconque est convaincu d'avoir été l'ennemi de l'ordre est l'ennemi de la Hberté. (Nouvelles rumeurs en dehors; — le calme se rétablit au bout de quelque temps.)... Je méprise les tyrans parce qu'ils ont été les ennemis de la liberté; je méprise les révolutionnaires parce qu'ils étaient au fond des tyrans, sous un autre nom. Entre les tyrans et ces révolutionnaires, je ne fais aucune différence.
« Le citoyen Barnabe. — Je ne trouve pas la réponse catégorique. Je demande au citoyen Lacordaire si ce discours, qui était tout entier une longue satire envenimée contre nos pères de 93, mérite son élopre ou son blàmo.
138 LACORDAIRI'] ÉLT' A MARSEILLE.
« Le citoyen Lacordaire. — On me dit catégoriquement que le discours du citoyen Montalembert était contre nos pères de 93 : eh bien ! pour ma part, je déclare que je ne me reconnais aucun père de 93. Je reconnais en 1789 des hommes qui ont voulu la destruction d'un grand nombre d'abus, qui ont combattu pour cette destruction ; je reconnais, de 89 à 93, des hommes qui sont morts pour combattre ces abus, soit à l'intérieur, sur l'échafaud, soit à l'extérieur, dans les victoires que nous avons remportées. Les hommes persévérants dans leur volonté, dans leurs hittes pour la liberté, voilà ceux que j'appelle mes pères. Parmi tous ceux qui sont morts à cette époque, je distingue ceux qui mouraient pour défendre la liberté et ceux qui faisaient mourir pour anéantir et reculer cette même liberté ^ . »
^^oilà les avances que faisait Lacordaire à la seconde République.
Combattu à outrance par les Rouges, il n'en obtint pas moins à Paris une minorité de 62,000 voix. Il se réjouissait bien sincèrement d'avoir échappé à la lourde responsabilité des fonctions de législateur, quand lui parvint la nouvelle de sa nomination h Marseille, où il ne savait pas même que sa candidature fût posée-. Ce lui parut être un ordre d'en haut. M. Afi're en jugea de même et le Pèic accepta le mandat législatif, avec l'approbation formelle du Maitre général des Frères Prêcheurs. Personne, reinarquo M. do Montal<Mubort, ne saurait lui Ihiro nu
• Sténograpliif (lorl)) .
■ A M (k" l'raillv, 4 niiii 1S4S.