LK PÈRE A L'ASSEMBLEE CONSTITUANTE
reproche sérieux d'avoir siégé dans un corps politique qui comptait dans son sein trois évêques et ving't prêtres.
Malgré tous les avis contraires, il voulut paraître en froc à l'Assemblée constituante, et quand l'Assemblée tout entière se transporta, le 4 mai, sur le péristyle du Palais-Bourbon pour y proclamer la République devant le peuple et la garde nationale, Lacordaire, vêtu de la robe blanche des Frères Prêcheurs, descendit, avec l'abbé de Gazalès, jusqu'à la grille, qu'assiégeaient les flots pressés de la population parisienne ; il y fut salué de cris enthousiastes et ramené comme en triomphe jusqu'aux portes de l'enceinte législative. A dater de ce jour, le port du costume religieux fut libre de fait ; les lois qu'on invoquait pour le proscrire tombèrent en désuétude, frappées à mort par le courage du moine et par les acclamations du peuple. C'était quelque chose. C'en était assez déjà pour justifier le Père Lacordaire de n'avoir pas décliné le mandat de ses 200,000 commettants de Marseille.
Mais, quand il s'agit de choisir sa place dans F Assemblée nationale, comment le Père fut-il induit à aller s'asseoir à l'extrémité supérieure de la première travée de gauche? Ainsi l'avait décidé le conseil de direction de VÈrc nouveUe,soi\s le coup de l'iinpopulariti'' qu'avait jetée sur Lacordaire l'évocation de sa Lettre sur le Saint-Siège. On lui représentait qu'après s'être compromis de la sorte, il n'y avait, pour lui, d'influence possible sur l'Assemblée qu'à la condition de brûler tout de suite ses vaisseaux. On ne saurait trop le (lin\ dans le (liscf^i'iuMui^iit des