STATION DE DIJON
ne les quitta un moment que pour aller voir M. Atïre, qu'on rapportait mourant des barricades du fau))ourf^- Saint- Antoine. Ce fut lui qui écrivit les deux articles du journal sur la blessure et sur la mort de l'Archevêque. Dès que le calme fut rétabli, il courut visiter ses religieux à Chalais et k Nancy. « Une de mes douleurs à Paris, disait-il, c'était que la mort me surprendrait loin de mes frères, sous l'habit de journaliste. Mais à Chalais, sous ce vieux toit consacré depuis des siècles, à mon poste, entre les bras des nôtres, la tempête, si elle doit monter jusqu'à nous, notre mine, notre exil ou notre mort sera la suite ou la fin d'un l)on pèlerinage ,^ »
Cependant la parole du Père était ardemment désirée à Dijon, la ville de sa jeunesse et presque de sa naissance. Il accorda aux instances de l'Evêque une partie de l'hiver : du 3 décembre 1848 au 28 janvier 1849.
Le Père n'avait jamais cessé d'aimer Dijon. « J'éprouve ici, écrivait-il en 183(), en retrouvant les lieux où j'ai passé seize ans de ma première jeunesse, un grand sentiment de mélancolie et de religion. Dijon est une charmante ville, au pied de collines assez élevées, entre une multitude d'arbres qui l'entourent et d'où s'élèvent ses jolies flèches, bien diminuées aujourd'hui, mais encore assez nombreuses pour lui donner une physionomie. Les rues sont propres, larges, silencieuses : j'aime ce repos, j'entrevois Rome. Où ne me suis-jc pas promené ici ? où n'ai-je pas respiré ? où n'ai-je pas eu mille impressions d'orgueil, de joie, de sombre tristesse ?
1 A M" Swetchiiic, 15 sopt.'inUi-f lS4t<.