LE PÈRE RENONCE A LA PRÉDICATION
cation, écrits jugés irréprochables jusque-là, semblaient tout à coup insuffisants pour le laver tout à fait. A peine arrivé à Rome, le P. Jandel sut, à n'en pouvoir douter, que ces inculpations avaient fait une certaine impression sur le Souverain Pontife, et il s'empressa d'en informer le P. Lacordaire- Un peu plus tard, le 23 août, il lui en écrivit derechef, comme de lui-même, mais en réalité à la demande du cardinal Orioli, préfet de la Congrégation des évêques et des réguliers : il engageait le Père à désavouer les opinions qu'on lui prêtait et à lui envoyer ce désaveu. Le Saint-Père voulait avoir cette garantie, qui lui rendrait sa liberté d'action ; mais il ne voulait pas que Lacordaire pût soupçonner quo la lettre du P. Jandel eût été suggérée à celui-ci ^
Néanmoins la douleur de Lacordaire fut des plus vives. Cette attaque, venue après tant d'autres, les unes occultes, celles-là publiques, et qui toutes, par une falsification persévérante, se proposaient de ruiner son autorité morale auprès des personnes qui ne l'avaient pas entendu et qui ne le connaissaient pas, lui fit prendre la résolution de renoncer à jamais à la chaire chrétienne. Il écrivit à Mgr Sibour pour lui déclarer cette résolution. « J'abdique, lui disait-il, mi « ministère que je ne puis plus exercer qu'au milieu « d'outrages systématiques , ^•enus de ceux-là même « dont je partage et dont je prêche la foi. » Il en appelait, pour la justification de son ministère de prédicateur, au jugement des évêques qui kii avaient ouvert leurs
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