‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 72 sur 195 · SUCCÈS DE LA LETTRE DU PERE · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE LA LETTRE DU PERE

position , étant prêt à tout, mais particulièrement à ces deux choses : premièrement, à expliquer et à retirer ce qui serait jugé peu exact en mes écrits ; secondement, à répondre à toutes les questions qui me seraient posées par ordre de Votre Sainteté. Puisse cette démarche, toute spontanée de ma part, consoler le cœur de Votre Sainteté, et attirer sur moi la continuation des grâces que le juge souverain des consciences n'a cessé de m' accorder depuis le premier jour de ma vie jusqu'à celui-ci. »

Jamais le Père n'avait été mieux inspiré. Cette lettre suffit pour faire tomber tous les obstacles. Trois jours près, 1(3 1-i septembre, par un acte émané du Vicaire général de l'Ordre, assisté de son Directoire, la province dominicaine de France fut reconnue, avec le rang, les droits et privilèges dont elle jouissait avant sa suppression violente, en 1790. Le lendemain, un second acte, émanant de la même autorité, nomma le P. Lacordaire Provincial de France pour quatre années. Ces deux actes furent portés par le Vicaire général de l'Ordre à la connaissance du Souverain Pontife, qui les revêtit de son approbation ^

Il est remar.juable que tout cela s'accomplit avant toute explication donnée par le Père sur les inculpations dirigées contre sa doctrine. Le seul fait do sa venue à Rome attestait surabondamment sa docilité : évidennnent on était, par là même, certain qu'il donnerait toutes les satisfactions désirables ; on les tint d'avance pour obte-

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nues. Bien plus, par une délicatesse toute personnelle, le Pape alla au-devant des conjectures qu'on aurait pu hasarder sur ce voyage. Il ne voulut pas qu'on crût que Lacordaire avait été mandé par Lui , et, donnant audience en ce moment à des prêtres français, il leur dit avec une intention non équivoque : « Le Père Lacordaire est ici. On ne lui avait jms dit de venir ^ . »

Cependant le cardinal Orioli, singulièrement touché de r empressement de Lacordaire à accourir à Rome à la réception de la lettre du P. Jandel, l'accueillit avec beaucoup de bonté, et chargea le P. Buttaoni , maître du sacré palais, de traiter seul avec lui et dans le plus grand secret les questions siu^ lesquelles on jugeait que des éclaircissements par écrit étaient nécessaires. La tâche ne fut pas difficile, grâce à la netteté des ex[)lications de Lacordaire. Trois questions furent formulées, et, le 20 septembre, ce dernier adressa au Souverain Pontife la lettre qui suit :

« Très-Saint Père,

« A peine fut-il venu à ma connaissance que quelques doutes avaient été conçus sur l'intégrité et la pureté des doctrines par moi professées, que je n'ai pas perdu un moment pour me rendre à Rome, afin de donner à Votre Sainteté tous les éclaircissements désirables sur l'orthodoxie de mes sentiments.

« Les doutes ci-dessus mentionnés se réduisent à trois points :

1 Ji' tiens le tait de l'un ili-s pi-ètrt's ilont il ^'agit.

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