‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 76 sur 195 · LE COUP D'ETAT .U'GR PAR LK P KRR · texte numérisé non relu

LE COUP D'ETAT .U'GR PAR LK P KRR

« Si la France s'y habitue, disait-il, c'en est fait, nous courons au Bas-Empire'. La violation par la force militaire de la constitution d'un pays est toujours une grande calamité publique, qui prépare pour l'avenir de nouveaux coups de fortune et l'avilissement pi-oj^ressif de l'ordre civil. C'a été le destin persévérant du Bas-Empire pendant quatorze siècles, sans qu'il ait jamais pu se relever des attentats si brillants de César et d'Auguste. Ces deux noms magnifiques ont inauguré le règne des plus grandes et plus honteuses misères sociales qui se soient vues dans l'histoire du monde. D'autres grands hommes, tels que Théodose, n'ont rien pu pour tirer de l'opprobre cet Etat frappé à son origine de la malédiction de la force triomphante. Rien ne contrebalance la violation de l'ordre moral sur une grande échelle. Le succès même fait partie du fléau ; il enfante des imitateurs qui ne se découragent [)lus. Le scepticisme politique envahit les âmes, et elles sont toujours prêtes à livrer le monde au premier parvenu qui leur promettra de l'or et du repos. Je bLàme le passé, je crains l'avenir et je n'attends le salut que de Dieu^. » On a ici le fond de la pensée de Lacordaire sur le second Empire. Ce n'est point un homme de parti qui parle ; ce n'est ni un légitimiste ni nu orléaniste. Ce n'est point un démocrate ; car, s'il a plus (jue personne le sentiment de la fraternité évangélique, le gouvernement par le peuple proprement dit est loin d'avoir ses pi-éférences •*. Ce n'est point non plus un républicain, car il n'a jamais eu

1 31 (lécemlne 1851.

« A M. Albert Du IJoys, 11 jinivi.'r 1852.

"• V. ^iIl It'ttre à M. ilf la Perrière, ci-dessu^, p. l.'i'î.

Page 1