‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 82 sur 195 · OPINION DÉSINTÉRESSÉE DT' PKRE · texte numérisé non relu

OPINION DÉSINTÉRESSÉE DT' PKRE

Il y avait dix ans que M. Veuillot dirigeait V Univers et jamais jusque-là cette incompatibilité ne l'avait frappé. Mais, dès qu'il l'eut découverte, le parlementarisme fut traité comme une hérésie, et ceux d'entre les catholiques qui réclamaient contre le pouvoir absolu furent appelés des sectaires. Au fond, \i\ dissidence portait sur toute autre chose ; elle était surtout dans les espérances césariennes des uns et dans les défiances, plus tard trop bien justifiées, des autres. On ne saurait trop le faire remarquer, la question d'orthodoxie n'a été soulevée qu'après coup et assez tard, en vue d'écraser au nom de l'Eglise un dissentiment tout politique.

Pour Lacordaire, du reste, il ne s'agissait pas seulement d'un homme, mais d'un principe. Eût-il vu aux Tuileries saint Louis en personne, — saint Louis, avec la constitution de 1852, n'eût été à ses yeux qu'un accident heureux. Les Antonins sont rares ; ils passent d'ailleurs, mais l'autocratie reste, et aux plus sages elle donne le vertige. C'était le péril de l'autocratie que repoussait Lacordaire avec une conviction qu'on pouvait ne point partager, mais dont le désintéressement n'aurait pas dû être méconnu. Il n'en fut point ainsi. Quand, huit mois après le 2 décembre, M. de Montalerabert rappela aux catholiques les incontestables obligations qu'ils avaient à la tribune et cà la presse, on refusa de voir en lui un homm<^ convaincu, on ne voulut voir qii'un homme dépité, « M. de Montalembert s'ennuie, disait-on, de là ses aspirations vers la tribune absente \ » Voilà ce qu'on iin-

* Mélmir/fs, oxli'iiils (le VUnivers. t. ! ', |>. 1S3. — Arli<le iln 6 no-

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