‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 84 sur 195 · OPINION DKSINTKRESSKK DU PERE · texte numérisé non relu

OPINION DKSINTKRESSKK DU PERE

de cette religion qui l'avait sacré empereur à Notre- Dame ' . »

Ce n'est pas après coup que le Pore écrivait cela, c'était le lendemain du 2 décembre. Il se souvenait, comme on voit, des déceptions de Pie VII ; il se souvenait aussi des avances faites à Napoléon I"'' par les journalistes catholiques du temps et du cas que César faisait de ces avances ^.

Les journalistes d'alors disaient à l'Empereur : Nous ne vous épargnerons point l'encens, mais, en retour, laisseznous faire justice de Voltaire et de la Révolution. L'empereur acceptait l'encens, mais il ne livrait ni Voltaire, ni la Révolution française ; et, quand lesjournalistes catholiques tentaient une charge à fond sur ce terrain, ils se rencontraient face à face avec quelqu'un qui leur imposait rudement silence.

« César, l'Église fait vos affaires ; payez-la de retour, faites les siennes : » ce sera toujours là un triste langage. Mais, de plus, étant donnée la politique moderne, ce sera éternellement la fable du Cheval qui veut se venger du Cerf. M. de Metternich disait : « C'est une alliance naturelle que celle de l'Homme et du Cheval ; seulement il faut tâcher de ne pas être le Cheval. » Puisqu'on ne s'est pas souvenu de la fable, puisse-t-on se souvenir de l'histoire !

Disons-le encore une fois, Lacordaire s'en souvenait. Dès 1<S47, il écrivait à madame Swetchine :

« Sans doute la Religion est universelle, elle peut

« A M. Ailu-rt Du lîoys, 11 janvier 1852.

2 Voir à 1.1 lin iln t. I" la Pièce justificative N' "».

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