INSTRTTCTION SUR LE POT'VOIR
« A Dieu ne plaise, ajoutait-il, que l'Église paraisse flatter aucun parti, insulter aucun malheur!... » Il louait le Prince hardi et les hommes de cœur qui, de concert avec lui, avaient travaillé à ramener Pie IX dans la ville sainte. Mais il affirmait en même temps que, si les faveurs des princes comme les acclamations des peuples ne trouvent jamais l'Eglise ingrate, elles ne la trouvent non plus jamais trop conf imite . Il citait enfin cette parole de Fénelon : « Quelque appui que reçoive l'Eglise des meilleurs princes, elle a toujours à craindre que la protection ne soit plus un secours, mais un joug déguisé, au lieu que, avec sa liberté, elle ne court jamais aucun péril. » C'étaient là de nobles et prévoyantes paroles. Les événements ne les ont que trop justifiées ; mais alors elles ne fm-ent point comprises. M. de Salinis, évêque d'Amiens, fit entendre un autre langage. Le 6 janvier 1853, il publia, lui aussi (et c'était son droit), son instruction pastorale à Voccasion du rétablissement de VEmpire, C'était une pièce habile, une œuvre très-étudiée. Rien n'était négligé pour en faire de tout point la contre-partie de la lettre pastorale d'Orléans. Après de longs développements métaphysiques sur la source du Pouvoir, sur les conditions qui manifestent son existence ou qui légitiment son action, l'évêque d'Amiens établissait que l'Eglise ne peut faire un pas dans ce monde sans se trouver en face de César, qui porte dans les plis de son manteau la guerre ou la paix. Or l'Église ne choisit jamais la guerre. Donc, toutes les fois qu'elle rencontre Gc^'sar sur son chemin, elle va la première à lui, elle lui otfre la paix. Et ce n'est pas la paix se\ilenient, c'est l'alliance. « Nous sommes