CHAPITRE XVir
Missions de Cagny et du faubourg Saint-Pierre.— Préparations aux visites pastorales dans le diocèse d'Amiens. — Missions de Corbie et de Villers-Bretonneux.
A tous ses travaux dans l'intérieur de la maison de Saint -Acheul, à toutes ses bonnes œuvres au dehors , le P. Sellier ajoutait l'exercice le plus actif du saint ministère. Avec l'agrément des supérieurs , il prêchait de temps en temps, comme il le faisait à Moutdidier; il donnait des retraites soit aux communautés de la ville ou des environs, soit à des réunions de pieux laïques. Il donnait aussi parfois des missions que Dieu se plaisait à bénir. Plusieurs de ces œuvres méritent une mention spéciale , à raison
des circonstances notables dont elles furent accompagnées.
Au printemps de l'année 1818, une personne riche et pieuse qui habitait le village de Cagny, éloigné de deux kilomètres de Saint- Acheul (1), ayant fait présent à la paroisse d'un très grand et très-beau crucifix pour être placé dans l'église, le P. Sellier n'eut garde de laisser échapper cette occasion de travailler au salut des émes. Il proposa de faire avec grande solennité l'érection de ce monument sacré, et d'y préparer les paroissiens par une petite retraite ou mission de huil jours. On agréa sa proposition , et le Père se chargea de donner les exercices. Cette grâce ne fut pas stérile ; elle ramena la plupart des habitants de Cagny à la pratique des devoirs religieux depuis longtemps négligés.
Le dimanche, à l'heure des vêpres, et pendant que l'érection du crucifix avait lieu dans l'église, un marchand d'une ville voisine était venu à Cagny dans une ferme, on ne sait pour quelle affaire, et il y dîna. C'était un impie déclaré, qui , échauffé par le vin, se mit à plaisanter sur le missionnaire, sur la cérémonie, puis à blasphémer contre la religion, contre la croix. Les convives l'écoutaient avec peine; cependant, comme ils croyaient avoir besoin de le ménager, ils gardèrent le silence. Une servante fut
(1) Sa maison devint quelques années plus tard la maison de campagne du petit séminaire. Après avoir passé par différentes mains, elle est aujourd'hui la propriété des sœurs de la Sainte-Famille.
plus hardie : indignée de tant d'impiété, elle apostropha le blasphémateur, et le menaça hautement de la vengeance du Ciel : Monsieur, lui dit -elle, vous avez tort de parler ainsi contre la religion ; je suis sûre qu'il vous en arrivera malheur. L'impie se moqua des menaces de la bonne femme , et continua sur le même ton.
Après avoir bien mangé, et bu à proportion , il lui prit fantaisie, quoiqu'il fût venu d'Amiens en cabriolet, d'y retourner à cheval. On ne pouvait lui offrir ce jour-là qu'un cheval de selle très fougueux, qui ne se laissait monter que par son maître, et l'on faisait difficulté d'exposer l'étranger à un accident. Celui-ci s'impatiente : Quoi! s'écrie-t il, après avoir servi pendant quatre ans dans la cavalerie, je ne saurais venir à bout d'un cheval! Les gens de la ferme, étonnés de son obstination, cèdent enfin et le lui amènent. Il le monte, mais non sans peine, et enfile au galop la route d'Amiens. Au milieu du hameau de Boutillerie, il rencontre une grande croix: à sa vue, il veut s'arrêter pour renouveler ses blasphèmes contre le signe du salut. Le coursier devient plus intraitable, bondit, se débat, semble vouloir se débarrasser de cet odieux fardeau. Cependant, comme il était bon cavalier, il tient ferme, et parvient à passer outre. Il n'alla pas loin. Arrivé à uneéminence qu'on trouve à moitié chemin de Cagny à Saint Acheul, près d'un moulin à vent, aujourd'hui détruit, le cheval, au lieu de suivre la route qui était large et belle, se détourne tout à coup pour monter sur le rideau qui
la borde, et aller au moulin. Le cavalier veut le re tenir; l'animal se cabre, se dresse, retombe sur lui de tout son poids, lui enfonce les côtes et lui brise tout le corps. Ce malheureux ne mourut pourtant pas sur la place. On le porta dans la ville, où il languit quelques jours souffrant d'horribles douleurs , mais persistant dans son impiété. Il avait défendu qu'on laissât approcher de lui aucun ministre de la religion : ses instructions ne furent que trop bien suivies; il expira comme il avait vécu.
11 est à remarquer que le P. Sellier, dans l'exhortation qu'il fît à l'église pendant la cérémonie, vint à dire, sans rien savoir de ce qui se passait à la ferme et sur le chemin d'Amiens: «Autrefois, mes frères, dans un siècle plus chrétien que le nôtre, lorsqu'il se commettait publiquement quelque impiété , quelque insulte à la croix, instrument de notre salut, ou aux images de la sainte Vierge et des saints, l'autorité civile ne manquait pas d'en punir sévèrement les auteurs. Aujourd'hui les magistrats ne s'en mêlent plus guère; mais le sacrilège ne demeure pas pour cela impuni. Dieu se charge de la vengeance , et le châtiment n'en est que plus sûr et plus prompt. » Tous ceux qui avaient entendu ces paroles prophétiques, et qui les virent sitôt accomplies, se sentirent frappés d'une religieuse terreur; et ce funeste événement, où il était impossible de méconnaître la main du Tout- Puissant, ne contribua pas peu à consolider les '"ruits de la mission à laquelle ils venaient de prendre part.
Vers la fin de l'année 1819, le P. Sellier, secondé
parle P. Brenot (t), professeur de philosophie du petit séminaire, entreprit de donner une mission^ non moins remarquable que la précédente, à une paroisse située dans le faubourg d'Amiens le plus éloigné de Saint - Acheul , le faubourg Saint -Pierre. Cette mission commença après Noël , et se continua durant tout le mois de janvier. Le succès, quelque temps incertain, répondit enfin aux travaux des deux Pères, et surpassa toutes leurs espérances. Un té moin oculaire, le P. Cyprien Margottet ('2), alors séculier, et absolument étranger à Saint-Acheul, nous a laissé des détails curieux sur les obstacles qu'opposaient aux deux missionnaires les dispositions de ce peuple, et sur la manière inattendue dont ils en triomphèrent. Écoutons- le parler lui-même :
« Il me semble, dit-il, voir encore ces bonnes gens grimper sur les confessionnaux, sur les embrasures des fenêtres, et partout où ils pouvaient espérer de mieux voir et de mieux entendre le prédicateur. Malheureusement la modestie de cette multitude et son respect pour le saint lieu n'égalaient pas son empressement à y trouver place. L'église une fois remplie, des conversations à haute voix s'y engageaient de toutes parts. Les plaintes et les murmures de ceux qui se voyaient forcés de demeurer dans le cimetière exposés
(1) Louis Brenot, originaire de la Franche -Comté, né le 11 décembre 1788, entré dans la Compagnie de Jésus le 10 octobre 1815, et mort à Grenoble le 13 janvier 1846.
(2) Cyprien Margottet, né le 6 octobre 1799, entra dans la Compagnie de Jésus le 16 septembre 1824, et mourut au collège de Nice le i^^ avril 1835.
aux injures de Tair et à toutes les rigueurs" de la saison, \enaient se joindre aux bruyantes conversations de l'intérieur. Il en résultait une telle confusion, cl on peut le dire, un tel vacarme , que ni la voix du curé, ni celle des chantres n'étaient entendues pendant les vêpres qui précédaient le discours du soir. Ce désordre fut à son comble le jour où il devait y avoir une conférence sur la danse. La nouveauté du sujet avait attiré un concours plus grand que jamais. On s'attendait bien que les arguments du P. Sellier, avocat des danseurs, auraient quelque chose de piquant, et il est même à croire que la plupart des auditeurs étaient venus plus disposés à goûter ses raisons que celles du P. Brenot, son adversaire. La danse était le mal dominant de la paroisse ; cette passion , qui en favorisait de bien plus funestes, et qu'il semblait aussi impossible de détruire que de tolérer plus longtemps, avait frappé de stérilité les premiers efforts des missionnaires; ils résolurent de l'attaquer de front.
« Ils montèrent donc en chaire vis-à-vis l'un de l'antre, au milieu du bruit confus que les admonitions assez vives du curé n'avaient pu maîtriser ni affaiblir. J'eus lieu alors d'admirer la prudence des missionnaires. Je m'étais imaginé d'abord qu'ils allaient à leur tour déployer tout ce qu'ils avaient de ^igueur dans la voix et dans le geste pour commander le si- , lence. Ils s'y prirent tout autrement. Le P. Brenot commença à demi -voix un exorde de circonstance, dans lequel, tout en louant l'assemblée de son zèle à venir entendre la parole de Dieu, il s'efforçait de lui
faire comprendre rinconvenance de la conduite du grand nombre, sans rien dire néanmoins dont personne pût s'offenser. On ne se tut pas encore; mais on causa beaucoup plus bas, plusieurs même cessèrent de parler : c'était déjà quelque chose.
« Bientôt le P. Sellier, prenant la parole, commença sur le même ton l'apologie de la danse et des danseurs. Le désir de ne rien perdre de ses raisons fut si efficace parmi les assistants, que dès les premiers mots qu'il proféra , le silence le plus parfait s'établit et régna partout. Le Père, qui avait atteint le but, éleva peu à peu la voix, et avec ces manières toutes populaires qu'il savaitprendre à propos: «Monsieur, dit-il en s'adressant au P. Brenot, je ne me persuaderai jamais qu'il y ait du mal à danser. Que voit-on en effet dans une réunion de danseurs? quelques joueurs de violon et de clarinette; à cela il n'y a rien à dire: et puis des jeunes gens qui sautent à droite et à gauche, en avant, en arrière, etc.; tout cela est fort innocent. J'ai bien souvent dansé, et je n'ai jamais eu lieu de m'en repentir. » Quelques éclats de rire suivirent cette première argumentation. Les missionnaires n'en furent ni surpris, ni fâchés. Le P. Brenot répondit victorieusement. Cependant je remarquai en général que les réponses triomphantes du P. Brenot étaient écoutées avec moins d'attention que les saillies de son adversaire: cela tenait, on le comprend, aux passions qu'il avait à combattre encore plus que les objections.
« Mais quand la source des objections se trouva épuisée, le P. Brenot, dont le discours ne devait plus
être interrompu par l'interlocuteur, prit un ton si terrible, qu'il jeta l'épouvante dans les cœurs. Il cita ce que saint Jean Chrysostome dit de plus foudroyant sur les joies mondaines, et menaça au nom de la justice divine, qu'on semblait vouloir braver dans cette paroisse. L'obscurité de la nuit, qui n'était dissipée que par la faible lueur de quelques iiambeaux, la voix lugubre et retentissante de l'orateur, la force des vérités qu'il annonçait, atterrèrent celte multitude. Je n'oublierai jamais l'impression que fit sur moi le changement subit de scène qui venait de s'opérer sous mes yeux. Un profond recueillement avait succédé à la plus indécente dissipation Tous, les yeux baissés, semblaient abîmés de terreur. Le silence religieux, qui régnait au dedans et au dehors de l'église, n'était plus troublé que par des sanglots. La péroraison du discours acheva de tout entraîner, et assura le succès de la mission. Voici comment à peu près se terminait cette péroraison :
c Chrétiens ingrats, et jusqu'aujourd'hui sourds à « la voix d'un Dieu qui vous appelait à lui, les vérités a salutaires qu'il vient de vous faire entendre briset ront-elles enfin la dureté de vos cœurs? A peine osé- « je l'espérer. Votre passion aveugle pour des di- « vertissements qui vous sont si funestes étouffera « bientôt en vous les premiers germes de la parole « sainte. Pasteur d'un troupeau qui depuis si long- « temps méconnaît votre voix, prêtre du Seigneur, « vous avez assez fait pour ces hommes qui n'ont « presque plus de chrétiens que le nom. Que cette
« mission, s'ils en abusent, soit pour eux le dernier « effort de votre sollicitude paternelle. Qu'ils retour- « nent à leurs joies païennes, sources fécondes des « plus infâmes désordres. Pour vous, cherchez ail- « leurs des ouailles qui répondent mieux à vos soins. « Mais, je vous en conjure, en quittant cette paroisse, « ne laissez pas le Saint des saints exposé aux insultes « des profanateurs; faites-le disparaître de ce taber- « nacle. Alors, mes chers auditeurs, un nouveau « théâtre sera ouvert à vos plaisirs. Ce temple saint « où vous ne semblez venir que pour insulter au Dieu « qui l'habite, vous en ferez le lieu de vos réunions
< criminelles ; vous y viendrez danser sur la cendre
< de vos pères. Craignez cependant que l'enfer s'en- « tr'ouvrant sous vos pieds ne vous ensevelisse à ja- « mais dans ses abîmes. Dieu vous préserve d'un tel « malheur!»
« A ces mots l'orateur descendit de chaire, laissant l'auditoire immobile, et comme pétrifié d'épouvante. •Je me trouvais dans la foule au sortir de l'église. On y pleurait; on y prenait à haute voix ses résolutions. Je me confesserai cette nuit , disait l'un; je n'oserais me mettre au lit dans un pareil état : je tremble de tous mes membres. — Je ne danserai plus jamais, disaitunautre, quand même je vivrais cent ans. D'autres s'épuisaient en paroles d'admiration sur le talent du prédicateur. En effet le Père avait parfaitement prêché, parce que son sermon était parfaitement adapté au besoin de ses auditeurs. Les larmes et les résolutions ne furent pas l'unique fruit de cette soirée mé-
morable. La foule des pénitents fut si grande, que le P. Sellier passa la nuit suivante tout entière au confessionnal, et ce ne fut pas la seule. Il voulait continuer; mais le curé de Saint-Pierre se crut obligé de mettre des bornes à un excès de travail qui aurait en peu de temps épuisé les forces du missionnaire; et le P. Sellier reçut ordre d'obéir au curé en tout ce qui tenait aux nécessités du corps et de la santé. »
Ainsi s'exprime le P. Cyprien Margottet. Nous ajouterons que, depuis la fameuse conférence, les deux missionnaires, maîtres de tous les cœurs, en firent tout ce qu'ils voulurent. L'affluence, devenue plus considérable que jamais, ne nuisit en rien au recueillement général, même au dehors de l'église. Là comme dans l'intérieur, tous écoutaient, tous aussi entendaient sans perdre un mot de ce que disait le P. Brenot : car il savait donner à sa voix une force et une étendue prodigieuses (1).
La plantation de la croix qui termina la mission de Saint-Pierre fut des plus solennelles. Tout Amiens et les environs y accoururent au nombre de vingtcinq mille personnes environ. Des Anglais protestants logés près du lieu où l'on érigea le Calvaire
(1) C'est cette vigueur de poumons qui, pendant une mission donnée à Camonpeu de temps après celle de Saint-Pierre, attira au P. Brenot un compliment très-extraordinaire de la part d'un de ses auditeurs chargé de le ramener tous les soirs à Saint-Acheul. Cet homme s'entretenant avec lui, et parlant de l'effet que produisait chacun des deux missionnaires , exprima ainsi sa pensée : Tenez, mon Père^ le P. Sellier prêche bien ; mais vous, vous criez encore plus fort.
qui devait perpétuer le souvenir des grâces reçues dans cette mission, voulurent de plein gré, et sans y être invités, contribuer pour leur part aux frais de la solennité.
Durant le conrt épiscopat de Mgr de Bombelles, c'est-à-dire depuis le mois d'octobre J819 jusqu'au mois de mars 1822, le P. Sellier fut demandé par ce zélé prélat pour préparer le peuple des campagnes à la visite pastorale. Voici quelques détails édifiants qui nous ont été transmis sur ces courses apostoliques.
Le missionnaire se rendait au lieu désigné, soit à pied, soit à cheval, souvent en charrette. Il partait ordinairement de Saint-Acheul le dimanche après le dîner, et ne revenait que dans l'après-midi du vendredi suivant pour entendre les confessions, et faire les instructions dont il était chargé. Le dimanche, en arrivant au terme de sa course, il faisait sonner la mission, réunissait le peuple, prêchait avec son zèle accoutumé; puis il passait la nuit devant le saint Sacrement pour implorer les bénédictions du Ciel. Le lundi, il visitait les villageois de maison en maison, et prêchait de nouveau. A partir de ce moment, il était continuellement en action, prêchant, catéchisant, confessant. Il ne prenait de nourriture qu'une fois à midi. 11 consacrait toute la nuit à entendre les confessions ou à prier devant le saint Sacrement.
On a remarqué que, quand le vendredi il rentrait à Saint-Acheul, il était défait, pâle, exténué. Une nuit suffisait pour le remettre dans son état normal ;
et le samedi matin les traces de fatigues avaient disparu.
Après six semaines d'un aussi rude apostolat, Mgr de Bombelles eut connaissance de ces pieux excès. Il fit appeler le P. Sellier, le réprimanda fortement, le traitant d'iiomicide de lui-même, et le menaçant de ne plus l'employer. Le saint homme reçut avec humilité cette verte mercuriale, et promit de se conformer aux intentions du prélat. Parmi ces différentes missions, qui ne furent pas les seules données par le P. Sellier durant les dix premières années de son séjour à Saint-Achoul , nous ne mentionnerons que celles de Villers-Bretonneux et de Corbie. 11 eut pour compagnon dans la première le P. Richardot (1), arrivé tout récemment de Russie, et qui reçut pendant cette mission sa nomination à la charge de provincial. La mission de Villers fut couronnée du plus heureux succès. Les fruits s'en sont perpétués jusqu'à présent; et aujourd'hui encore la paroisse de Villers est citée comme une des plus religieuses du diocèse d'Amiens.
La mission de Corbie procura aussi des consolations aux ouvriers évangéliques qui y furent employés. Le P. Sellier accompagné de plusieurs autres Pères de Saint-Acheul, s'y livra à toute l'ardeur de son zèle. Outre les âmes qu'il convertit en grand nombre, un des fruits de cette mission, fruit, précieux aux yeux de la foi, fut de retrouver une mul-
(1) Vie du P. J. Varin , Notice du P. Didier Richardot. p. 337.
titude de reliques qui avaient été honorées dans l'ancienne et célèbre abbaye de Saint -Pierre, occupée par les Bénédictins. Dérobées aux spoliateurs de 1792, et conservées depuis longtemps par des personnes pieuses, elles furent recueillies par les missionnaires, apportées et déposées à Saint-Acheul au mois de mais d824. Plus tard, en 1827, on fit construire deux grandes châsses, où ces restes sacrés, ainsi que d'autres, furent, avec l'approbation épiscopale, renfermés et exposés à la vénération des fidèles aux deux côtés du grand autel de l'église. Après la suppression du petit séminaire, on plaça ces reliques dans la chapelle domestique de la maison, où elles sont encore aujourd'hui déposées.