‹ Vie du R.P. Louis Sellier de la Compagnie de JésusChapitre 38 sur 44 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Esprit d'oraison du P. Sellier.

A cet esprit de foi, qui influait sur toute sa conduite, le P. Sellier joignait un grand esprit d'oraison. Ceux qui ont vécu avec lui savent quelle estime il professait pour ce saint exercice. Il en parlait souvent : il y exhortait, et il en exposait les avantages avec une conviction qui ne laissait aucun doute sur les fruits qu'il en retirait. Aussi, quelque surchargé y qu'il fût par les occupations du ministère dans les missions, il put se rendre le témoignage de n'être pas monté une fois au saint autel pendant toute une année sans avoir fait l'heure d'oraison de règle (1); et, ce qui paraîtra plus extraordinaire encore, d'avoir été pendant le même espace de temps si exact à l'heure du lever et de la méditation , qu'il ne se rap - pelait pas d'être resté par paresse une seule minute au lit (2).

Mais , outre ces heures prescrites par la règle , auxquelles l'homme de Dieu était si ponctuellement fidèle, il y avait certains jours où il consacrait à l'o-

(1) Retraite de 1828.

(2) Retraite de 1840.

raison des temps beaucoup plus considérables. Ainsi on a remarqué qu'il avait coutume de passer en prière la nuit de Noël , quoiqu'il eût été occupé toute la journée à entendre les confessions. La nuit du jeudi au vendredi saint, malgré la fatigue inséparable des derniers jours de la semaine sainte, était également donnée tout entière à la prière. Un des Pères qui l'ont accompagné dans les missions, et qui habitait une chambre voisine de la sienne, entendait, chaque fois qu'il s'éveillait, le saint homme s'écrier de temps en temps : Mon Dieu , mon Dieu!

Il ne faut pas s'imaginer toutefois qu'il n'éprouvât que des consolations dans les longues heures de ses entretiens avec Dieu. Loin de là, le Seigneurie fit passer par ces vicissitudes de consolation et de déso- Vlation qui servent à purifier les élus et à mettre leur fidélité à l'épreuve. Dans les premiers temps de son retour aux pratiques religieuses, Dieu l'inonda des bénédictions de sa douceur. « Je me rappelle, écrivaitil en 1839, je me rappelle ce temps qui suivit ma conversion , il y a quarante ans, en 1798. Il me semblait que !e bon Maître m'avait accordé le don des larmes, surtout après la sainte communion. Gomment, ô Dieu de toute miséricorde, avez -vous pu montrer tant de bonté envers un si indigne pécheur?.. . Du moins si depuis j'avais vécu de manière à vous dédommager! Mais hélas! je n'ai fait qu'abuser de vos bienfaits! En regrettant cette époque de ma vie et les faveurs insignes que j'y ai reçues, je ne demande pas à goûter les mêmes douceurs. Je confesse que je mérite tout le

contraire. Dans votre excessive miséricorde, ô mon Dieu, vous avez usé de ce moyen pour m'attacher à votre service; il me semble que maintenant, avec votre secours, je vous servirai toujours, de quelque manière que vous me traitiez. A choisir, je préférerais les sécheresses, les privations, les rigueurs : !« parce que je sens que je mérite tout cela, et mille fois plus que tout cela, puisque je mérite l'enfer; 2° parce que vous êtes plus glorifié, quand on vous sert au milieu des rebuts, des aridités, des tourments intérieurs; 3° parce que les douceurs ne sont p^is avantageuses à l'y me. C'est une nourriture qui ressemble aux friandises qu'on donne aux enfants qui ne se portent pas bien, ou dont on veut obtenir quelques efforts, quelques légers sacrifices; mais à la longue ces aliments leur seraient funestes, et finiraient par nuire à leur tempérament. De même dans la vie spirituelle, ces friandises empêcheraient les vertus solides de s'établir dans un cœur. Aussi ne demandé -je pas le retour de ces douceurs, mais seulement la grâce d'être plus uni à mon Dieu dans toutes mes actions, et surtout dans mes prières et dans mes exercices spirituels. y>

Dans sa retraite de 1846, il crut devoir se rendre compte à lui-même de sa manière d'oraison. On ne nous saura pas mauvais gré d'extraire ce passage, bien qu'un peu long. 11 peut être utile à la direction de certaines âmes :

« Je me sens pressé d'écrire quelque chose sur ma manière de faire oraison. Je prends toujours un sujet

précis que je lis d'avance selon que le recommandent tous les auteurs spirituels. Je tâche de le considérer selon la méthode indiquée par saint Ignace, en appliquant les trois facultés de l'âme. Mais depuis longtemps il m'est impossible de faire des raisonnements. Je reste comme je puis sur une pensée que j'entretiens dans mon esprit, et dont je me sers pour produire quelques affections dans la volonté, et ce sont d'ordinaire des affections de componction , de regret de mes péchés, de désir de m'amender; rarement j'éprouve ces douceurs, ces mouvements de ferveur, de dévotion, que je ressentais dans les premiers temps qui ont suivi ma conversion. En lisant certains auteurs, je remarque la différence qu'ils établissent entre les divers états d'oraison : oraison de méditation, oraison d'affection, oraison de contemplation; et ils disent que, quand on ne peut plus user de raisonnements, il faut passer à l'oraison d'affection, puis à l'oraison de pure contemplation. S'ils veulent dire que, quand on ne peut plus discourir, il faut s'efforcer de produire des affections, c'est-à-dire qu'alors il faut exercer davantage la volonté, puisque l'intellect n'agit plus, rien n'est plus juste ni plus vrai, puisqu'on ne fait usage de l'intellect que pour exciter la volonté, que pour allumer le feu, selon cette parole du prophète : In meditatione mea exardescet ignis (I). C'est comme si on disait : Quand vous verrez que l'amadou a pris feu ,

(1) Mon cœur s'enflammera dans la méditation. (Ps. xïxviii, 4.)

vous cesserez de battre le briquet. Mais si, dès qu'on ne fait plus de raisonnements, et qu'en méditant on saisit tout de suite la vérité sur laquelle on s'exerce, l'on s'imaginait qu'il faut laisser la simple considération et se livrer tout d'abord aux affections, selon moi, il y aurait là de l'illusion. Ce serait vouloir avoir du feu sans l'allumer, sans se donner la peine de chercher l'étincelle qui doit faire brûler la matière que vous avez préparée. Le bois a beau être bien sec, il ne brûlera qu'autant que vous ferez tout ce que vous pourrez pour l'allumer. L'illusion serait encore plus grande, si l'on croyait pouvoir passer de soi-même et sans l'intervention d'en haut à l'état de contemplation passive; ce serait du pur quiétisme ou quelque chose qui en approcherait. En général, il faut toujours que nous nous exécutions le mieux que nous pourrons. Si le bon Dieu daigne nous accorder quelques-unes de ses faveurs particulières en fait d'oraison, acceptons -les avec gratitude; mais de nous -même tenons toujours la dernière place, à ses pieds, comme Marie-Madeleine. S'il nous dit : Ascende superius (1), asseyons- nous à sa table, avec respect^ avec reconnaissance; mais n'y restons qu'autant que le repas dure; et lorsque nous sentons que ces touches extraordinaires de la grâce sont passées, redescendons à notre petit ordinaire, reprenant notre pain quotidien. Ce pain est le plus souvent un pain bien bis, bien sec, bien dur; du moins, c'est

(1) Montez plus haut. (Luc, xiv, 10).

le mien ; et je n'en demande pas d'autre. Les ragoûts ^ les mets épicés ne sont pas les plus salutaires. Sans doute, quand c'est Dieu qui veut ainsi régaler une âme, le festin est toujours profitable, parce qu'il est divin; mais l'esprit de malice sait aussi préparer des mets qui sont bien funestes ; ils remplissent lame de fausses douceurs; elle s'y délecte par sensualité spirituelle; elle s'engraisse d amour-propre et d'enflure de cœur. Voilà pourquoi il est toujours bon de se délier de ces sortes de contemplation. Si elles viennent de Dieu, il saura bien, ce bon maître, vous les faire accepter, quoique vous les refusiez. Témoin saint Louis de Gonzague, qui avait beau faire pour éviter les visites du divin Époux. Voilà pourquoi je n'aime pas certains auteurs ascétiques qui s'apitoient sur le sort de certaines âmes appelées, disent-ils, à une haute contemplation: suivant eux, faute de trouver des guides assez éclairés, elles sont exposées à ramper longtemps dans un degré très-inférieur d'oraison. Que ces auteurs se rassurent: le Seigneur saura bien leur servir de guide, et les conduire lui-même à l'état de perfection auquel il les appelle. Pour revenir à ce qui me regarde, je n'ai jamais clierché à sortir du premier état d'oraison, quoiqu'il soit souvent pour moi une espèce de martyre, et je ne conçois pas que je puisse faire autrement. Il me semble qu'il me serait impossible de ne pas revenir sans cesse sur mes défauts et mes profondes misères. »

Dans d'autres circonstances, Dieu, pour récompen-

ser sa fidélité, se fit goûter à son serviteur de la manière la plus sensible.

a Cette méditation, écrit-il en 1847, m'a fait une de ces impressions suaves qui semblaient absorber toutes les facultés de mon âme, et me faire goûter un repos tel, que, si tout le temps de la retraite eût été comme celui-là, j'aurais cru descendre du Thabor en quittant ces saints exercices. Je me reconnais bien indigne de cette faveur, et de toutes les autres que la divine bonté a daigne prodiguer à une si détestable créature... Je ne demande pas qu'elles durent longtemps, j'entends les douceurs : mais pour les fruits, qu'ils ne cessent jamais. Ainsi soit-il... Vive Jésus! Vive Marie! ^

On peut dire néanmoins, nous l'avons déjà vu précédemment, que les aridités, les sécheresses, les dégoûts furent comme le pain ordinaire dont le Seigneur se plut à nourrir cette âme généreuse. On en jugera par ces nouveaux extraits de ses écrits :

« Pour du goût intérieur (1), il y a longtemps que je ne sais plus ce que c'est. Je me plaignais, je répétais tout haut : Mon Dieu! mon Dieu ! Néanmoins je disais au bon Jésus : Faites -moi souffrir tant que vous voudrez ; encore plus : je ne vous abandonnerai pas pour cela; je ne cesserai pas de vous aimer; je me soumets à vos coups. Il me semble que cela cause beaucoup de peine au démon, qui sait que Notre-Seigneur est toujours aimé, quoi-

(1) Retraite de 1810.

qu'il traite quelquefois rigoureusement son serviteur. Je ne parle pas de moi, car ce que je fais dans l'oraison n'est rien. C'est peut-être quelque chose vu ma faiblesse et ma sensualité; mais en réalité ce n'est rien...

« Mon état de sécheresse dans l'oraison va toujours croissant. C'est quelque chose qu'il m'est impossible de bien rendre. Aucun appui sensible; déniiment intérieur étrange ; rien ne me touche , rien ne m'anime ; douleur intérieure ou plutôt agitation intérieure qui passe jusque dans le phy siqiie; je suis comme un homme que l'on poursuit, et qui ne peut s'arrêter nulle part pour reprendre haleine. Aussitôt que je me repose, et c'est presque toujours par défaut d'attention soutenue, mon âme s'échappe vers quelques objets sensibles, comme devoirs de classe, arrangement de la maison; je sens comme une impression extérieure qui me tourmente et me force en quelque sorte d'avancer, comme lorsqu'on pousse un méchant cheval qui n'en peut plus. Je soufîre souvent beaucoup; il y a des jours où la souffrance est plus forte. Une journée passée dans cet état me semble une semaine, mais une des plus rudes semaines d'autrefois. Ah ! s'il fallait toujours être comme cela , et s'il fallait y être sans croire que cela plaît au bon Dieu, quel affreux martyre I »

« Je puis dire en général (1) que celte retraite

(1) Retraite de 1834.

m*a été extrêmement pénible. J'en ai souhaité plusieurs fois la lin. Toutes mes oraisons ont été des oraisons de sécheresse, d'ennui. Pas une goutte de rosée... Où trouverai-je un instant de répit? Hélas! je n'en vois plus: le ciel est d'airain; la terre ^ de fer pour moi. 0 Marie, aidez-moi à supporter mon état. En vous est toute ma confiance, en vous tout mon espoir. Je remets ma retraite et mon àme entre vos mains. Bénissez-moi, malgré mon indignité. »

D'autres épreuves plus pénibles encore vinrent assaillir le P. Sellier dans la prière. S'entretenant un jour avec un scolastique du mystère de l'Immaculée Conception : « Oh I si vous saviez, mon cher frère, lui dit-il entre autres choses, combien le démon déteste ce privilège de Marie! Quand vous serez tenté, invoquez la sainte Vierge; et vous pouvez être sûr que vous serez vainqueur. — Mais, mon Père, pourquoi parlez-vous ainsi? — Ah! c'est que je le sais par expérience, et par une rude expérience. Je veux bien vous faire cette coniidence, d'autant plus qu'elle peut vous être utile un jour. Quand je dis le rosaire au lieu du bréviaire, surtout le matin avant la sainte messe, il y a des moments où les paroles de VAve Maria ne peuvent plus sortir de ma bouche, principalement lorsque j'arrive à celles-ci : Sancta Maria, Mater Dci. Je sens alors une douleur vio- . lente dans le dos, et dans tous mes membres comme une rage infernale , et je n'en puis plus. C'est alors que répétant comme je peux ces paroles : Sancta Maria, Mater Dei, j'ajoute celles-ci : Quœ confregit.

conterit , contrivit caput tumn (1). (En prononçant ces mots, il faisait un grand effort d'articulation, qui donnait une idée de ceux qu'il faisait dans le moment même du combat.) Et lorsque je les dis, je sens mes douleurs et la rage du démon augmenter. Je reviens cependant à la charge, et après quelque temps il me laisse tranquille. »

« J'ai été témoin, rapporte le même Frère, d'une de ces tentations. C'était à la chapelle domestique, vers quatre heures du soir. Je me trouvais placé derrière lui. Il récitait son chapelet. Je laisse par hasard mes yeux tomber sur lui , et je le vois extrêmement agité. Sa ligure était tout enflammée : il baissait et haussait la tête , et faisait tous les gestes et mouvements d'une personne qui dispute avec une autre. Il remuait les lèvres avec force; il chuchotait; mais je ne pus rien entendre. Tout ce que je compris, c'est qu'il paraissait animé contre une personne invisible pour moi, à laquelle il adressait des injures, qu'il regardait fixement, en frappant sur le banc, ou qu'il repoussait de la main. Dans certains moments aussi, il donnait des signes énergiques de dénégation. Il finit par cracher devant lui d'un air irrité. Bientôt de guerre lasse, tout couvert de sueur, il s'assit. Quelques instants après, je vis de grosses larmes couler de ses yeux. Il poussait de profonds soupirs, et se frappait si fortement la poitrine, que la chapelle en retentissait. La lutte dura au moins vingt minutes. »

(1) Qui a brisé, écrasé, broyé ta tète.

Ainsi Dieu se plaît-il à faire passer ses plus fidèles serviteurs par le creuset de la tentation, pour embellir leur couronne , et pour faire éclater la force toute-puissante de sa grâce.

Le bréviaire est la plus sainte des prières, la prière par excellence. Le prêtre prie alors au nom et comme délégué de l'Église. On ne sera donc pas surpris de voir avec quelle religieuse attention, avec quelle fervente piété, l'homme de Dieu s'acquittait de ce devoir. Il récitait ordinairement l'office divin à genoux, à l'église, lorsqu'il le pouvait, et toujours sans appui. 11 s'était formé une si haute idée de la sainteté et de l'obligation de cette prière, que, privé de la vue dans ses dernières années, il avait peine à croire qu'un rosaire pût suffire pour la remplacer, et qu'il écrivit à un des Pères de Rome , le suppliant avec instances de lui envoyer l'avis des théologiens romains à ce sujet.

« En récitant le bréviaire, écrivait-il en 1825, je fais sur la terre ce que les anges font dans le ciel : je prie, non comme simple particulier, mais comme dé^ puté de toute l'Église, qui me charge de payer au Tout-Puissant le tribut d'hommages qui est dû à la souveraine Majesté. Que de motifs donc de bien réciter le bréviaire! Le bien réciter, c'est remplir ces trois obligations ; Digne, attente, dévote {l). Et pour remplir cette triple obligation, voici les règles qu'il s'était prescrites (2).

(1) Dignement, attentivement, dévotement.

(2) Retraite de 1809.

« 1** Me mettre toujours bien en la présence de Dieu avant de commencer mon office. Pour cela me recueillir, et autant que possible le réciter devant le saint Sacrement. Si je ne puis être corporellement dans la chapelle, je tâcherai d'y être en esprit.

«2» Invoquer le Saint-Esprit, et dire avec une grande attention le Veni Creator, comme faisait saint François Xavier chaque fois qu'il allait commencer son office.

« 3° Détester mes péchés par un acte de contrition.

4° Unir mes prières à celles de Jésus-Christ et à celles de tous les bons prêtres qui sont dans toute l'Église catholique.

a 5° Me rappeler quelques-unes des considérations ci-dessous.

« C)"" Offrir les parties du bréviaire pour honorer les différents mystères de la Passion , et chacune pour une intention particulière :

« Matines. — Pour honorer l'agonie de Notre-Seigneur; recommander l'Église universelle.

« Prime. — Jésus lié et garrotté devant les tribunaux. — La France.

« Tierce. — Jésus flagellé et couvert de crachats. — La Société.

< Sexte. — Jésus couronné d'épines. — La maison.

« None. — Jésus attaché à la croix. — Les associés du Sacré-Cœur.

« Vêpres. — Jésus mourant en croix. — Quelques personnes en particulier.

(t Compiles. — Jésus mis dans le tombeau. — Mes misères.

« 7° A chaque Gloria Patri , m'exciter à un grand désir de procurer la gloire de Dieu, surtout en commençant l'olfice. Je fais de plus celte déclaration , et je la fais dans toute la sincérité de mon âme, en présence de la très-sainte Vierge, de mon bon ange et de toute la cour céleste, pour tous les jours, les heures et les moments de ma vie, jusqu'à la dernière fois que je réciterai l'office , ou que je réciterai quelque prière vocale, je proteste à mon Créateur qu'à chaque syllabe que je prononcerai, à chaque lettre que mes yeux verront, et même à chaque distraction que j'aurai, je veux faire autant d'actes d'amour qu'il y en a d'exprimés dans !a formule du Cœleste Palmetum (1). Je renouvellerai cette protestation le plus souvent possible ; mais, en cas que je l'oublie, chaque signe de croix que je ferai en commençant l'office ou mes prières, sera un signe de ce renouvellement. Je dépose cette protestation dans le sacré Cœur de Jésus

(1) Voici la formule dont il est ici question : « Que le trèssaint Sacrement reçoive autant de louanges qu'il y a d'étoiles dans le ciel, d'étincelles dans le feu, d'atomes dans l'air, de gouttes d'eau dans la mer, de grains de poussière sur la terre ; autant qu'il y a de fleurs dans le printemps , de graines dans l'été, de feuilles dans l'automne, de neige et de glace dans l'hiver; autant qu'il y a de créatures visibles dans l'univers. Qu'il en reçoive autant qu'ont pu et peuveiit lui en procurer jamais les œuvres, les paroles, le cœur de tous les hommes; autant que tous les anges , que la très-sainte Trinité elle-même peat en produire par sa puissance , en concevoir par sa sagesse , en désirer par sa bonté. »

et dans le saint Cœur de Marie, déclarant n*en vouloir tirer aucun mérite, mais seulement que cela serve à faire connaître et aimer davantage ces aimables Cœurs, pour lesquels je désire donner ma vie. »

Renouvelant ces résolutions en 1846, il les résumait en ces termes :

c( 1° Ante officium : brevis recollectio. — Invocatio beatissimse Virginis Mariœ, sanctorum angelorum, et sancti vel sanclœ cujus est officium. — Petitio ut quaevis evagationes mentis convertantur in totidem amoris actus.

« 2° Prœsentia Dei quam accuralissima inter recitandum.

« 5** Ad singula Gloria Patri , intentio renovata procurandi gloriam Dei. — Invilalio ad sanctos angelos, ad omnes beatorum ordines, etiam ad omnes creaturas, vel insensibiles, benedicendi sanctissimam Trinitatem.

« 4° Oblatio singulorum versuum per manus Mariée, quasi totidem florum in laudem divinœ Majestatis (1).

(1) « 1° Avant l'office : courte récoUection. — Invocation de la bienheureuse Vierge Marie ;, des saints auges, et du saint ou de la sainte dont on fait l'office. — Demander que chaque distraction se change en autant d'actes d'amour de Dieu.

« 2» Attention soutenue à la présence de Dieu pendant la récitation.

« .30 A chaque"G/ona Patri , renouveler l'intention de procurer la gloire de Dieu. — Inviter les saints anges, tous les ordres des bienheureux, toutes les créatures, même insensibles, à bénir la très-sainte Trinité.

« 40 Offrir chaque verset par les mains de Marie, comme autant de fleurs, à la gloire de la divine Majesté. »

« Renouveler ces résolutions au moins une fois par mois le premier vendredi. Convenu qu'en récitant un Ave Maria, j'aurai accompli l'article 4 circa prœparationem. »

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