LE TROISIÈME AX DE PROBATIOX
porter an milieu des pauvres popuiations des montagnes, qu'il évangélisait. « Après cinq missions données en ])as-Valais, à Champérie , ^Monlliey, Saint-Maurice, Portvalais et Oatre-Rhone, trois autres paroisses, les seuies qui n'onl pas eu encore la mission dans cette partie du Valais, la réclament avec instance, Yiona, Youvry et RévcrculaL Priez bien et demandez beaucoiq) de prières ; l'œuvre est importante à achever. >'ous alloîis donc repartir la semaine prochaine. La grâce de la Compagnie est grande, courage ! »
Tous ces villages du lîas-Valais, échelonnés sur la roule de Genève à Sien, ne tiennent pas une grande place sur luie carte de géographie et ne pèsent guère dans la balance de la politique. Cependant le P. deRavignan, prenait autant d'intérêt à ce petit monde qu'au monde de Paris et de la Cour; car il ne voyait partout que des âmes également rachetées au prix du sang de Jésus-Christ.
Ces missions devaient être fort laborieuses. Chacune d'elles durait une quinzaine de jours, et chaque journée coni])tait ([uatre exercices, depuis cincj iieures et demie du matin jusqu'à sept heures du sDÎi-; l'intervalle était dévolu aux confessions. Deux missionnaires, envoyés ensendjle, à la manière évangélique, se partageaient la tâche en frères. A You-
vry, ])ar exemple, le V. de R^avignan pi'èchait avec le P. Eslève, aujourd'hui missionnaire en Syrie; dans la répaiiitioii des exercices, je compte une trentaine de sermons pour l'un comme pour l'autre.
Ses missions achevées, le P. de Ravignan revenait avec bonheur à sa retraite d'Estavayer, pour s'y retremper dans la méditation et la prière. Laissonsle nous expliquer lui-même le besoin de la vie intérieure pour un homme apostolique ;
« Le religieux, et spécialement le religieux de la Compagnie, doit être l'homme de Dieu.
« Dieu est à la fois le point de départ et le terme. Nous partons de Dieu, c'est le mot, pour aller à Die.'i.
a Sans l'esprit intérieur, sans la vie de prière, nous partons pour le voyage des œuvres, l'àmc vide de Dieu, pauvre nacelle sans conducteur. Qui nous soutiendra, qui nous animera dans la tourmente du travail, dans l'activité de la manœuvre ? Hélas ! nous nous épuiserons ; nous n'aurons que les forces, ou plutôt les failîlosses humaines. Nous appellerions alors en vain à notre secours les ressources de la nature, le talent, la science, la réputation, la faveur des hommes. Vaines ressources I appuis trompeurs ! secours hostiles et funestes pour un apôtre! ils recèlent la mort et la