‹ Vie du r. p. Xavier de Ravignan de la Compagnie de Jésus (volume 3)Chapitre 6 sur 19 · I.A MILICE ET LA MAGiSTIJATLHI · texte numérisé non relu

I.A MILICE ET LA MAGiSTIJATLHI

(rEspagnc. Avant de. partir, il avait écrit ce billet nui parvint à son adresse : « Je rpiilte demain Saint-Laurent. Adieu , ô la nieilleiu'C des mères ! j'ai le cœur un peu serré, mais la religion mo ranime. J'entendrai la luesse chez mon voisin où le point du jour me verra arriver. J'ai besoin d'aller prendie du sommeil, peut-être pour longtemps et pour la dernière fois ici. Adieu! je vous aime l)ien plus que ma ^ie. »

(iustave de RaNignan rejoignit enfin son drapeau (I se réunit au coips de volontaires royaux (pie coiumandait JM. le comte Elienne de ])amas. Il recevait en même temps de Mgr le duc d'Angoulême le brevet de lieutenant de cavalerie. Plus tard il s(m\i encore soldat, seulement il aura changé de milice.

L'épreuve touchait à sa fin. Le 17 juillet, le jeune officier écrivait ces lignes, datées de Saint- Jean-de- Luz : « J'arrive, je suis en France; je me porte trèsbien; nous n'avons éprouvé cpie peu de malheurs. Je compte aller reprendre ma carrière, ma tache est remplie. Je vous reverrai, et après avoir bien fait mon devoir. Si j'ai bien du chagrin d'avoir été éloigné de vous, au moins j'aurai la consolation d'avoir satisfait à ma conscience. » Il est impossible d'être à la fois plus digne et plus modeste.

Le 19 juillet, Gustave datait de Bordeaux cet autre

])iill('tin adressé encore à sa mère : « J'arrive à lioicleaux à franc étrier. Je suis venu, envové par M. le conite de Damas, mon général, pour aiuioncer son arrivée. Je me porte fort l)ien, je suis au comble de la joie de me rapprocher de vous. Je suis lieutenant de cavalerie, officier d'ordonnance. Je ne pense pas continuer de servir. « Il ne tient pas compte d'un accideiit de voyage. Dès son arrivée en France, à la suite de IMor le duc de l>ourbon, il avait j'ccu sa mission de confiance pour liordeaux et s'élait élancé de toute la vitesse de son cheval. A Mont-de- Marsan, il descj^nd pour respirer chez une ancienne amie de sa mère. En entrant, il tondre évanoui, reprend lialeine, remonte à cheval, et arrive à Bordeaux, sinon chargé de lauriers, du moins rempli d'honneur.

Une dernière lelhe encore datée de Bordeaux, le r août, va terminer la période militaire de cette histoire et inaugurer la phase de la magistrature : « Je pars demain pour Paris. Quel plaisir! Je n'ai pu vous écrire à cause de mon service, qui consistait à ne rien faire, mais à rester assidûment pour recevoir les personnes qui venaient. Je viens de recevoir mon brevet de lieutenant. Je ne serai content que lorsque je serai dans mon cabinet à travailler pour le service du l'oi. «

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