CHAPITRE XII
Conférences «Se Notre— Dame (1843-1851)
Sort des catholiques en France. — Intervention de Louis-Philippe. — Peinture de l'orateur. — La liberté d'enseignement et la liberté d'associition. — Le P. de Ravignan. — Les vertus réservées. — Extraits.
Depuis la Révolution, pour beaucoup d'hommes qui se proclament ses fils et se croient peut-être libéraux, la liberté de conscience, décrétée par eux, n'est que la liberté de se passer de toute religion positive et la défense absolue d'enseigner autre chose qu'une doctrine négative ; et ils ne reviennent pas de leur étonnement, ciuelciuesuns même d'une sorte d'indignation, lorsqu'ils entendent les catholiques réclamer résolument leur part du droit commun, relever leur tète de citoyen et prétendre être traités à l'égal de leurs compatriotes.
Les catholiques! mais de c^uel front prétendent-ils profiter de la Révolution faite en dépit d'eux, faite contre eux, contre leur Eglise, contre leurs couvents, contre leur liberté religieuse? Que le protestant, que le juif se présentent; on les acclame comme des alliés, pour eux sont les sourires et les faveurs. Mais les catholiques, « c'est l'ennemi, » et on a entendu sortir de la bouche d'un représentant du peuple cette parole brutale : « On ne vous doit, à vous, que l'expulsion! »
C'est contre ce préjugé à la fois injuste et ridicule que se heurta le P. Lacordaire lorsc|u'il dut remonter dans la chaire de Notre-Dame. Ce fut une véritable bataille. Le roi Louis-Philippe essaya de lui barrer le passage, et parce qu'il ne voulait pas prendre, aux yeux du jiublic,
l'odieux d'une pareille mesure, il fit venir Mgr Affre et s'efforça de l'effrayer. Mais l'archevêque n'était pas un timide, et il tint bon. « Le P. Lacordaire est un bon prêtre, il appartient à mon diocèse, il a prêché avec honneur. C'est moi qui l'ai appelé et qui lui ai donné ma parole publique. Je ne pourrais maintenant la lui retirer sans me déshonorer. » Telle fut sa réponse. La reine vint à la rescousse, joignant ses conseils et ses prières aux menaces du Roi.
« — Sire, répondit avec calme l'archevêque, s'il existe un danger réel, le ministre m'adressera une ordonnance et défendra la réunion de Notre-Dame. »
Or c'est précisément ce que l'on n'osait faire. Le P. Lacordaire prêchera donc... mais comment? En froc blanc, sous la livrée d'un inquisiteur? Là, paraît-il, était la mine qui devait faire sauter la société. On députa Madame Swetchine et on la supplia d'écrire une lettre pour obtenir cette concession : qu'il consentit à dépouiller son costume de Dominicain et à paraître en habit de prêtre séculier. La main de la pauvre amie tremblait en demandant cette diplomatic^ue lâcheté. Lacoi'daire y répondit par une fière lettre qu'il faudrait citer tout entière tant elle respire l'accent de l'honneur et du bon sens.
« J'ai poi'té cet habit dans les chaires de Paris, de Bordeaux, de Nancy, j'ai traversé la France dix fois sous ce costume : je lui ai obtenu partout le respect; je l'ai gardé malgré les poursuites officielles du ministère ; c'est un fait acquis. Et à qui le sacrifierai-je aujourd'hui? aux clameurs de la presse irréligieuse, aux craintes du Gouvernement, aux esprits irrités contre nous par trois mois d'une guerre implacable! J'irais donner dans Notre-Dame, à nos ennemis, le spectacle d'un religieu.x qui a peur après avoir affiché le courage, qui se cache après s'être montré, qui demande grâce et merci en considération de son déguisement volontaire? Cela n'est pas possible. Plus la situation est grave, plus les catholiques attendent de ma parole une éclatante revanche, moins je dois leur préparer une douloureuse surprise. Il vaut mieux cent fois se taire C|ue de trahir leurs espérances.
La religion n'a pas besoin de triompher; elle peut se passer de ma parole à Notre-Dame. Dieu est là pour la soutenir et l'honorer dans l'opprobre ; mais elle a besoin que ses enfants ne l'humilient pas eux-mêmes et ne déshonorent pas ses épreuves... Sachons mettre le devoir et la dignité avant tout... »
C'était irréfutable. Le moine courageux reparut donc à Notre-Dame sous cette robe blanche qui rappelait à la vieille Métropole sa jeunesse du treizième siècle. Mais par une habile, bien qu'assez bizarre combinaison, elle était couverte du rochet et d'un camail de chanoine.
Le 3 décembre 18i3, il inaugura cette station qui ne devait point s'interrompre jusqu'en 1851. Il y prononça soixante et treize conférences, auxquelles il faut ajouter les six données à Toulouse, en 185'i, si l'on veut connaître l'ensemble de son oeuvre apologétique; car les autres discours et sermons prononcés par lui, soit à Paris soit ailleurs, avaient un tout autre caractère et relevaient plutôt du genre pastoral.
Le vieux roi s'était trompé; il n'y eut pas d'émeute, et selon sa promesse, dès sa troisième phrase, Lacordaire « s'était fait dans le cœur de tout ce monde un asile sacré. » Ces conférences exclusivement dogmatiques sont une apologie complète du christianisme. Le plan en est nouveau et original. L'auteur part du grand fait historique de l'existence de l'Eglise, et arrive, en remontant toujours des faits aux causes, aux problèmes les plus élevés de l'existence et des attributs de Dieu.
La première conférence n'a point été recueillie. Au jugement de l'orateur, elle fut faible. C'était comme le préliminaire d'un traité de paix. Dès qu'on le vit, il se fit un grand silence. On assure qu'il débuta ainsi : « Après la bataille d'Arbelles, Darius, roi de Perse... On le voit par ce début, si Victor Hugo avait brisé le moule de la tra-
o-édie, Lacordaire brisa le moule du sermon officiel. L'auditoire, que la curiosité seule suffisait à tenir immobile, était bientôt séduit, et l'audace même portait coup. Le GouA-ernement respira. Pour s'éviter le ridicule de la peur, il lui eût suffi de montrer son intention bien arrêtée de garantir à tous la liberté du bien.
Nous avons sur l'effet produit un témoignage tout à fait contemporain et compétent, celui de M. l'abbé Marcel. « Le P. Lacordaire est d'une taille médiocre et d'une constitution qui parait frêle, mais qui ne l'est pas ; son organisation toute nerveuse semble avoir été préparée pour l'aider à penser et à sentir. Son cœur doit enserrer beaucoup d'amour et de douleur; sa figure qui porte les touchants stigmates de la macération corporelle, porte ceux aussi de la pensée qui l'anime et qui l'use, du sentiment qui le meut et qui le consume ; malgré le voile de modestie qui les couvre, ses 3'eux noirs laissent échapper des éclairs, mais la lumière qui en jaillit est aussi douce que pénétrante ; le réseau nerveux de sa figure fléchit si facilement sous les impressions de son âme, que celle-ci y peint à chaque moment tout ce qu'elle éprouve. Il en résulte une succession continuelle de physionomies diverses pour chaque pensée, pour chaque sentiment. Dans la discussion, son geste est vif, ardent et pressé, mais toujours gracieux, naturel et harmonieux; il s'unit admirablement aux traits spirituels de sa figure qui pétille, scintille, étincelle. Dans les expositions il est simple, facile, tranciuille, il laisse venir de son cœur et couler de ses lèvres la vérité toute claire ; loi-squ'il emploie le pathéticiue qu'il fait naître d'un mot, quand il veut, que se passe-t-il dans cette belle âme qui se révèle sous des formes si radieuses, et qui s'épanche à la fois partons les canaux de l'expression humaine : parla voix qui fait vibrer les plus secrètes fibres du cœur, par la parole qui rend ce qu'on cro3'ait indicible, par le geste qui peint les plus belles attitudes de la statuaire, par lé regard qui vous jette des flammes dans le cœur. »
Ce portrait en pied du plus grand orateur des temps modernes serait incomplet si, à l'éloge, l'auteur avisé et bon observateur n'ajoutait la critique : » Au reste, conti-
nue-t-il, ajoutons que sa puissance de fascination va trop loin, on se surprend dans une contemplation exclusive de l'homme. On se livre trop au plaisir de l'entendre, et l'on est exposé à perdre de vue l'enchaînement de ses pensées. Plusieurs auditeurs des plus assidus et des plus capables, baissaient la vue, de peur de se laisser distraire par ce charme d'autant plus irrésistible c[ue la modestie de l'orateur conspire avec tous les attraits de son éloquence à ramener à sa personne. »
Ajoutons à notre tour que si les conférences de Notre- Dame surent captiver l'auditoire, elles réussirent aussi à persuader et à convertir une foule d'àmes qu'attirait la merveilleuse parole de l'orateur sacré. Plusieurs fois l'assemblée ne put maîtriser ses transports et remplit de ses acclamations les nefs de la vieille basilique, mais aussi Dieu consacra ces victoires de l'éloquence par de nombreuses grâces de conversion et des retours aussi glorieux pour les vaincus c^ue pour le vainqueur»
L'année guerroyante et conc[uérante par excellence, ce fut l'année 1844. La question de la liberté d'enseignement posée par Lacordaire douze ans auparavant dans l'Avenir et devant la Cour de Paris, se réveilla soudain avec une vigueur nouvelle et ressaisit puissamment l'attention publique. Toutefois, parce que, pour des raisons fort sages d'ailleurs, l'illustre Dominicain ne s'est mêlé qu'indirectement à cette grande question, nous nous réservons de la traiter plus au long dans l'étude que nous nous proposons de faire sur M. de Montalembert, qui en fut le porte-drapeau.
A la c[uestion d'enseignement se rattachait celle de la liberté d'association, qui en est la consécjuence, puiscjue les communautés peuvent seules pourvoir sérieusement aux exigences de l'enseignement libre, le clergé paroissial
étant beaucoup trop occupé et trop peu nombreux pour remplir les écoles, et donner à ses membres le temps et les études nécessaires à l'enseignement supérieur.
Il suivait donc avec un intérêt marc^ué le développement de cette double question, et il encourageait de toute son âme les champions d'une aussi noble cause, notamment M. de Montalembert , son ancien compagnon d'armes. « Je suis dans le ravissement, lui écrivait-il, tu ne pourrais être absent à une heure si importante. C'est une question nôtre que celle-ci. »
Je me reprocherais de ne pas dire un mot d'un autre ami et collaborateur de Lacordaire, du jésuite célèbre qui a laissé un si rare parfum de talent et surtout de piété, je veux parler du P. de Ravignan. « C'étaient les temps héroïques de nos luttes religieuses, a dit Montalembert; on vo3'ait un dominicain et un jésuite, tous deux illustres, tous deux supérieurs à l'ombre même d'une jalouse rivalité, enseigner à la jeunesse l'art de fouler aux pieds le respect humain et la conduire à la pratique de la foi en même temps qu'à la conquête des droits civiques du catholicisme. »
Chaque hiver, le P. Lacordaire faisait à Paris sept ou huit conférences pendant les mois de décembi-e et de janvier; après quoi il allait prêcher le carême dans une ville de province, en laissant au P. de Ravignan le soin de le remplacer à Notre-Dame, et de préparer, par sa station du carême et sa retraite de la semaine sainte, ces communions pascales qui ont été depuis lors la gloire et la consolation de l'Eglise de Paris, et qui faisaient dire, dès 1844 : « Il faut mettre la main de Voltaire sur ces cens-là ! »
La main de Voltaire! O inconscience, ô impudeur de la haine et de l'irréligion ! Réunissez-vous, hommes de ténèbres et de vice, parlez, défendez la liberté du mal, tendez vos épaules sous le joug du triangle maçonnique, passez le front haut devant nos temples, je vous plains parce que vous ne portez plus avec honneur le nom d'homme libre, parce que vous n'avez ni le respect des grandes choses, ni celui de la conscience de vos concitoyens, mais laissez-nous revendiquer l'honneur de croire
à Dieu, à l'àme, aux relations familières et intimes entre le ciel et la terre : laissez-nous nous rassembler pour parler de foi, de vertu, de l'amour de la patrie; laissez-nous prendre, si bon nous semble, le froc blanc de Dominique, la robe grossière de François d'Assise ou l'humble soutane d'Ignace de Loyola. Qui êtes-vous pour vous mesurer avec ces géants de la parole et du dévouement. Ils sont la fleur de l'humanité; laissez-nous respirer le parfum de leurs maximes, nous soumettre, si bon nous semble, à la discipline de leur règle, laisseznous essaj'er de mettre le pied sur la trace de leurs pas ; de devenir comme eux des saints et des bienfaiteurs de l'humanité.
On prit donc la liberté de se moquer, même de Voltaire, et de suivre les stations réunies et fraternelles : quoi de plus beau d'ailleurs et de plus réconfortant que l'enseignement qu'on y recevait ! Quelques extraits nous le démontreront.
L'année 1843, Lacordaire traitait des effets de la doctrine de l'Eglise sur l'esprit humain. En 1844, continuant sa route, il abordait les effets de la doctrine catholique sur l'àme, c'est-à-dire cette floraison de vertus surnaturelles, humilité, chasteté, charité, fraternité et religion, qu'il appelle vertus réservées, parce qu'aucune doctrine humaine ne peut les produire. Ce sont les plus belles peut-être que Lacordaire ait faites et son plus beau triomphe d'éloquence. Citons cette exposition si large et si vraie de l'humilité créée par le christianisme, en opposition avec l'orgueil natif de l'homme :
« J'ouvre en tremblant le cœur de l'homme, et je n'ai pas besoin d'aller bien loin; hélas! je n'ai qu'à ouvrir le mien pour découvrir ce qui se passe dans celui de mes semblables. J'ouvre le cœur de l'homme, et je connais qu'il s'aime. Il s'aime, et je ne l'en blâme pas : pourquoi
se haïrait-il ? Mais il ne fait pas que s'aimer, il s'aime plus que tout, il s'aime par dessus tout, il s'aime d'une manière exclusive, il s'aime jusqu'à l'orgueil, jusqu'à vouloir être le premier, et seul le premier... Nous ne sommes contents que quand, mesurant d'un regard tout ce qui nous entoure, nous trouvons le vide, et, au-delà de ce vide, le plus loin possible, un monde à genoux pour nous adorer... » Nous avons beau décréter l'égalité dans les chartes, l'orgueil n'en ratifie la proclamation que pour abaisser ceux qui sont plus hauts que nous, mais non pour élever ceux qui sont plus bas. La haine de la supériorité ne fait qu'appeler à soi la haine de l'égalité et le mépris de l'infériorité. Ce sont là les trois enfants légitimes de l'orgueil...
« La doctrine catholique s'est proposée de changer de fond en comble ce sentiment que nous avons naturellement en nous mêmes... l'homme vivait d'orgueil, il vivra d'humilité. L'humilité est une acceptation volontaire de la place qui nous a été marquée dans la hiérarchie des êtres, une possession de soi-même avec une modération égale à ce que l'on vaut, et qui nous porte à descendre vers ce qui ne vaut pas. L'orgueil tendait à monter : l'humilité cherche à descendre. L'orgueil impliquait la haine de la supériorité dans ceux que la Providence a faits nos supérieurs, l'orgueil aspirait à être le premier, l'humilité aspire au dernier rang. L'orgueil voulait être roi, l'humilité veut être serviteur, sentiment incroyable qui n'avait pas même de nom dans la langue des hommes, et qui s'est fait un nom, une histoire et une gloire ! »
Philosophie admirable, fondée sur l'Evangile et répondant à une analyse du cœur aussi sagace dans son examen que terrible dans son coup de scalpel.
Le discours sur la Chasteté contient des passages plus magnificiues encore. Continuons d'en citer quelques phrases :
« Tout notre corps est plus ou moins révolté contre l'âme qui doit le régir. Cependant l'âme gouverne assez bien certains de ces ressorts que nous appelons les sens. Mais il en est un qui est en révolte permanente contre l'âme... ce sens n'est pas seulement révolté, il est dé-
pravé... Au lieu que tous les autres sens opèrent dans la direction de la vie, alors même qu'ils abusent d'eux; au lieu que le sommeil nous repose, que la nourriture nous répare, que nos oreilles écoutent la parole, que notre verbe la profère... celui-là ne cesse de conspirer contre notre vie ; il dévore nos plus admirables facultés. N'avez-vous pas rencontré de ces hommes cjui, à la fleur de l'âge, à peine honorés des signes de la virilité, portent déjà les flétrissures du temps; qui, dégénérés avant d'avoir atteint la naissance totale de l'être, le front chargé de rides précoces, les j^eux vagues et caves, les lèvres impuissantes à peindre la bonté, traînent, sous un soleil tout jeune, une existence caduque? Qui a fait ces cadavres? cjui a touché cet enfant ? qui lui a ôté la fraîcheur de ses années? qui a mis sur sa face des siècles honteux? N'est-ce pas le sens ennemi à la vie des hommes?... Le voilà ! il s'en va, pris du vin de la mort, et, d'un pied méprisé, porter son corps au tombeau où ses vices dormiront avec lui et déshonoreront sa cendre jusqu'au dernier des jours... »
En opposition avec cette ruine vivante, le P. Lacordaire peint le prêtre chaste, réalisant le rêve de l'Eglise, et devenant, par la prière et l'exemple, l'instrument de salut pour les peuples et le sel de la terre.
« Reinarcjuez-le, dit-il, ce ne sont pas des vieillards réduits par les glaces de l'âge à l'impuissance du mal que la doctrine chrétienne choisit pour ses prêtres ; non, ce sont des jeunes gens, c'est l'homme dans la sève et la fleur de la vie ; c'est saint Jean couché sur la poitrine de son Maître ; c'est saint Paul courant vers Damas à bride abattue ; c'est saint Antoine emportant tout son printemps au désert de Kolsim ; voilà le prêtre catholic^ue selon la règle générale. L'Eglise prend par les cheveux la jeunesse toute vive, dévouée par son cœur, séduite par son imagination ; elle la purifie dans la prière et la pénitence, l'élève par la méditation, l'assouplit par l'obéissance, la transfigure par l'humilité, et, le jour venu, elle la jette par terre dans ses basiliques, elle verse sur elle une parole et une goutte d'huile : la voilà chaste ! Ils iront, ces jeunes gens, ils iront par toute la terre, sous la garde de leur A-ertu ; ils pénétreront dans le sanctuaire
des sanctuaires, celui des âmes ; ils écouteront des confidences terribles ; ils verront tout; ils sauront tout ; mille tempêtes passeront sur leur cœur ; ce cœur restera de feu par la charité, de granit par la chasteté. C'est à ce signe toujours que les peuples reconnaîtront le prêtre... Grâce à Dieu, le sacerdoce catholique a subi cette épreuve ; il la subit depuis vingt siècles. Ses ennemis l'ont regardé sans cesse dans le présent et dans l'histoire; ils ont signalé des scandales partiels, mais le corps entier est demeuré sauf ! »
Assurément voilà une éloquence neuve et tout à fait inconnue jusque-là dans la chaire; mais on avouera que sa robe est constellée de perles magnifiques. La forme le dispute au fond par la splendeur et la richesse. La parole de Lacordaire fut une grâce de choix pour notre siècle épris de poésie et de belle littérature.