RAPPORTS AVEC D. LIRONT
bien éloigné de lui en parler, et je le serai encore plus de lire cet ouvrage, s'il parait. Il faudrait bien du temps pour vous rapporter ce que je pourrais dire sur cela. Il alla à Paris au mois de septembre, et il en revint comme il était allé. Si le fait est vrai dans toute l'étendue qu'on lui donne, j'admire sa témérité ou plutôt sa folie, car ce n'est pas une entreprise à former à un homme seul, et encore moins à un moine qui sait très-peu. Il est vrai qu'étant fort intrigant, il a engagé trois autres religieux à travailler avec lui. Ce sont de jeunes gens (i). Vous serez bien plus étonné quand je vous dirai que c'est lui qui a fait imprimer ma 'Bibliothèque Chartraine. C'est lui qui y a mis ce que je crois vous avoir dit n'être pas de moi, savoir le titre général, la première préface, le Catalogue des livres cités et l'article de Pintard , chanoine régulier (2). Il avait ma confiance dans ce temps-là; mais, après l'impression de ce livre, on m'écrivit des choses qui me firent changer de conduite, en gardant néanmoins à l'extérieur mes manières précédentes.
avoir fait assurer ses amis de trois choses : « i° De son opposition persévérante à la Bulle; 2° de ses gémissements pour la décadence de l'Ordre ; 30 de sa confiance que le temps du renouvellement de l'Église était proche » (Lettre de D. Housseau, Bénédictin, à son cousin, aussi Bénédictin, ap. Documents inédits concernant l'Histoire littéraire île la France, publiés par Ulysse Robert ; Paris, 1875, in-40, p. 90-91). V., sur D. Rivet, Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, p. 651-666.
(1) Ces trois religieux, plus jeunes en effet que D. Liron, étaient D. Joseph Duclou, D. Maurice Poncet et D. Jean Colomb, sur lesquels on peut voir D. Tassin, Histoire littéraire de la Congrégation de Saint-Maur, pages 722- 723, 760-76:.
(2) D. Rivet n'a-t-il pas aussi revu à sa manière la Notice consacrée à Abra de Raconis, évèque de Lavaur (p. 240)? N'est-il pas l'auteur des contradictions flagrantes que l'on y rencontre, et qui ont été si bien relevées par l'abbé d'Artigny au tome VII (p. 261-277) de ses Nouveaux Mémoires ? N'est-ce pas le Janséniste D. Rivet qui a imprimé ces paroles, que nous reproduisons avec les notes manuscrites dont les accompagne M. Le Clerc? « M. de Raconis se perdit entièrement de réputation (dans l'esprit des gens faits connue Dont Liron) par la lettre qu'il écrivit au Pape contre le livre de la Fréquente communion... L'assemblée du clergé résolut même d'un commun accord (il en faut donner une preuve), par un décret solennel, de renvoyer cet évèque à son Métropolitain pour être procédé contre lui selon les canons, s'il avouait la lettre qui lui avait été attribuée. Comme on dit qu'il était fort vain et fort rempli de l'estime de lui-même (ce sont des gens qui déchirent tous ceux qui ne sont pas de leurs sentiments qui le disent), il conçut un chagrin mortel... et mourut bientôt après à Raconis. On crut effectivement que les excès que lui avait fait commettre l'engagement de soutenir une si méchante cause [méchante au jugement de D. Liron. Ce n'est pas un grand malheur, car