‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 43 sur 70 · RAPPORTS AVEC BIMARD DE LA BASTIE 1 3 I · texte numérisé non relu

RAPPORTS AVEC BIMARD DE LA BASTIE 1 3 I

Le baron Bimard de La Bastie était né à Carpentras, le 6 juin 1703. Sa famille appartenait à l'ancienne noblesse du Dauphilié. Doué d'un esprit solide, d'un jugement sûr et d'une mémoire très-heureuse, il avait acquis de bonne heure l'habitude d'écrire en latin avec une facilité et une pureté remarquables. Il était, de plus, d'un caractère ferme et ennemi de toute dissimulation. Un procès considérable qu'eut sa famille en 1726 le força de se rendre à Grenoble, où le président Valbonnais lui inspirale goût des recherches historiques. L'affaire qui l'occupait ayant été renvoyée devant le Parlement de Dijon, il fit plusieurs voyages dans cette ville , où il connut le Président Bouhier, qui lui communiqua bientôt son ardeur pour l'étude de l'antiquité (1).

C'est en 1727, au retour d'un de ses voyages qui l'obligeaient à passer par Lyon, que le jeune antiquaire vit M. Le Clerc, auquel le Président l'avait sans doute recommandé, comme il l'avait déjà fait l'année précédente pour M. d'Orville, jeune Hollandais plein de mérite et de savoir, allant également à Lyon pour se rendre ensuite en Italie (2). La première entrevue eut lieu le 19 mars 1727, car, le même jour, M. Le Clerc écrivait au Président Bouhier : « J'ai reçu aujourd'hui la visite de M. le baron de La Bastie, et je vous avoue que je n'ai pas été moins surpris de sa grande érudition, dans un âge si peu avancé, que j'ai été charmé de sa politesse. Je vous suis très-redevable d'une connaissance si estimable que vous m'avez procurée. »

M. Le Clerc n'eut garde de négliger cette nouvelle ressource, qui lui était envoyée par la Providence. Comme il travaillait alors à la Bibliothèque du Richekt, il demanda à M. de La Bastie

gogne (art. 'Baiideron), raconte l'histoire un peu différemment, et, dans une lettre à M. Le Clerc (31 mars ij2y), il dit la tenir « d'un M. de la Sencerie, parent de Bauderon et habile homme, » qui la lui écrivit avant l'année que l'auteur de la rBibliotI)èqne du Richelet dit être celle où elle arriva.

(1) 'Biographie univ. de Micbaud, art. La 'Bastie. — Voir surtout son Éloge, par Fréret, dans l'Histoire de l'Académie royale des Inscriptions et 'Belles-Lettres ; Paris, 175 1, in-40, tome XVI, p. 3 3 5 - 3 -+ 7 .

(2) Lettre de Bouhier à M. Le Clerc du 2 juillet 1726-

quantité de renseignements sur certains personnages dont il voulait donner des articles. Le baron répondit toujours avec une complaisance égale à son érudition, et justifia l'opinion que M. Le Clerc s'était formée de sa politesse et de sa science. « Vous auriez eu tort, Monsieur, de me soupçonner de vous avoir oublié. Je gagne trop à entretenir commerce de lettres avec vous pour ne pas chercher à m'attirer souvent de vos nouvelles (1). » Ainsi commence la première des quatorze lettres du baron à M. Le Clerc. La plus grande partie de ce qu'elles renferment a passé dans la Bibliothèque du Richclet, principalement dans les articles Allemand, Thomas de Lonne et Marville. Quant aux fragments de cette correspondance, qui ont un rapport direct avec les ouvrages de M. Le Clerc, ils auront leur place naturelle dans le cours de cette Notice.

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