‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 53 sur 70 · REMARQUES SUR LES MEMOIRES DE NICÉRON · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR LES MEMOIRES DE NICÉRON

de rechercher diverses particularités dans différents livres qui ne sont pas communs. Je lui ai promis de l'aider en ce cas, lorsque je serais en état de le foire. »

M. Le Clerc ne put exécuter sa promesse, car il écrit encore en 1730 : « Les corrections que le P. Nicéron a fait entrer dans son dixième volume sont en trop petit nombre de beaucoup » (elles remplissent cependant 200 pages)! « et il n'a pas été assez bien servi par ses amis. Si j'avais eu le loisir, je lui aurais fourni, sans beaucoup de peine, de quoi faire un volume entier de corrections pour les neuf premiers tomes de son ouvrage » (1).

Ces loisirs qui lui faisaient défaut pour perfectionner l'œuvre du P. Nicéron, M. Le Clerc les employait très-probablement

(1) Lettre au Président Bouhier, du 28 août 1730. — Les amis de M. Le Clerc pensaient comme lui. — « Votre jugement sur l'ouvrage du P. Nicéron est conforme à celui de tous les connaisseurs. Il aurait grand besoin et de vos avis et de vos secours » (Bouhier à M. Le Clerc, 7 septembre 1727). — « Les Mémoires du P. Nicéron auraient bon besoin de vos remarques. Il ne devrait faire aucun article qu'il ne l'eût communiqué à un aussi habile homme que vous » (Lettre de Papillon à M. Le Clerc, du 15 septembre 1727). — « Le P. Nicéron n'a pas de sagacité, comme vous le remarquez; il ne sait pas choisir certains faits piquants et intéressants, et même il n'est pas toujours juste dans les éditions des livres dont il parle » (Jd. 4 octobre 1727). V. aussi la lettre de l'abbé Papillon à M. Le Clerc, du 12 juin 1735, ap. d'Artigny, Nouv. Mém. tom. V, p. 394. — « Le P. Nicéron continue à scandaliser M. l'abbé Papillon par son peu d'exactitude. Il est vrai qu'il n'est pas homme à grandes recherches. Son article du P. Théophile Ravnaud fait peur. Je lui enverrai quelques suppléments. On ne doit pas exiger qu'il ait lu l'histoire anecdote que le P. Raynaud a faite de ses aventures ; mais il aurait dû lire, ou du moins parcourir, les ouvrages d'un auteur duquel il donne la vie » (Lettre du P. Oudin à M. Le Clerc, du 8 septembre 1734). — L'abbé Bonardy, que nous ne rangeons certes pas parmi les amis de M. Le Clerc, écrivait aussi le 6 mars 1729 au Président Bouhier : « Le P. Nicéron publiera dans le mois le 7^ volume de ses Mémoires,... aussi superficiel peut-être que les précédents, et dont les éloges seront copiés des journaux jusqu'aux fautes grossières, ainsi que je lui ai montré sur le premier volume par 53 pages de remarques critiques... Dans mes réflexions, je demande à ce Père plus de faits et de raisonnements dans chaque vie, plus d'ordre dans les parties de cette histoire, plus de choix dans les sujets, et plus d'exactitude dans tout l'ouvrage » (Corresp. littér. du Prés. Bouhier; Manuscrits Fr. 24409).

l8é BIBLIOTHÈQUE DU RICHELET

à composer son Histoire des Papes. C'est ce qui nous paraît résulter de plusieurs passages déjà cités, du P. Oudin, dans ses lettres écrites vers la fin de 1727. Quoique achevé (1), cet ouvrage n'a pas été imprimé. Nous ne savons ce qu'il est devenu, et tous les moyens que nous avons employés afin de le retrouver, recherches personnelles et appel au public par la voie des Revues, tout est demeuré sans résultat.

Telles étaient, en 1727, les occupations de M. Le Clerc. Ce n'étaient pas les seules. Il travaillait encore à la Bibliothèque du Richelet, dont l'histoire mérite d'être racontée à part.

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