‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse Le ClercChapitre 54 sur 70 · I. Histoire de la publication de cet ouvrage · texte numérisé non relu

I. Histoire de la publication de cet ouvrage

En 1726, les frères Bruyzet, libraires de Lyon, conçurent le projet de réimprimer le Dictionnaire Français de Richelet. Une Table des auteurs, ou Notice abrégée des écrivains cités dans ce Dictionnaire, figurait dans les éditions précédentes. La réputation dont jouissait M. Le Clerc, principalement à cause de ses travaux de Biographie littéraire, détermina les éditeurs Lyonnais à lui demander la composition d'un nouveau catalogue. Ceci se passa probablement au mois de septembre 1726, car, le 2 octobre suivant, l'abbé Papillon offrait à M. Le Clerc de l'aider dans ce nouveau travail. Commencée après Pâques de 1728, l'impression fut achevée à la fin du mois d'août de. la même année. L'ouvrage parut en tête du Dictionnaire, avec ce titre : Bibliothèque du Richelet, ou Abrège de la vie des Auteurs cités dans ce Dic-

(1) C'est le témoignage de tous les biographes de M. Le Clerc. V. Mercure de France, Février 1737, p. 273.

îionnaire (i). M. Le Clerc en a fait lui-même l'histoire dans la lettre qu'il écrivit au Président Bouhier le 8 janvier 1729. Nous allons en donner quelques extraits.

« Je vais vous dire quelque chose sur la fortune de cet ouvrage, duquel je ne suis pas fort content. Ce n'est pas qu'il n'y ait un petit nombre d'articles assez travaillés, par exemple ceux à'Amyot, cYAudiguier, etc., mais une simple lecture à tête reposée m'a fait apercevoir tant de fautes , qu'en vérité je voudrais presque que l'ouvrage n'eût jamais paru. J'avais des matériaux de longue main et en bon nombre; mais ces articles, étant sur des cahiers séparés et dispersés comme les feuilles de la Sibylle, j'ai souvent dû omettre de jolis faits que je ne pouvais plus retrouver dans un temps où j'étais pressé par l'imprimeur, qui me talonnait de fort près. De plus, j'avais compté sur soixante feuilles d'impression, et j'ai été borné à trente. Encore m'a-t-on ôté la trentième. Elle était destinée uniquement à la vie de Richelet, que le libraire envoya à Paris à une personne inconnue qui lui persuada qu'elle était trop longue, qu'il y avait trop de dates et de menus faits, et qui en a donné un méchant abrégé tel qu'il est imprimé à la tête de l'ouvrage (2).

« J'avais écrit en chiffres tout ce qui pouvait l'être ; mes compositeurs en ont mis un très-grand nombre en toutes lettres, et par là m'ont fait tort au moins d'une feuille. Mais le pis, c'est qu'ils ont imprimé Livre quatre, Chapitre trois, etc., en cent endroits où j'aurais dit troisième, quatrième, etc. Us m'ont mis je ne sais combien de septante ; sur quoi je vous raconterai un plaisant fait. Vers la fin de l'impression, allant porter un bout de copie que l'on m'était venu demander une heure auparavant, je trouvai mes deux compositeurs disputant ensemble. L'un voulait gager que l'on dit toujours soixante-et-dix et jamais septante. L'autre, au contraire, soutenait que les précieuses seules disent soixante-et-dix, et que les bons maîtres en fait de langage

(1) La 'Bibliothèque comprend les pages i-cxvi du tome Ier. Barbier (Dict. des ouv. anou., 2<-- édit., n. 1739) et Quérard (La France littèr., art Le Clerc) disent à tort qu'elle parut en 1727. Le dernier se trompe également quand il affirme qu'elle « a été réimprimée dans le Dictionnaire de Richelet, édition de la même année. » L'Approbation est signée Michel, chanoine J'Etux, et datée de Lyon le 4 novembre 1726.

(2) L'abbé Joly ignorait sans doute ce détail lorsqu'il disait dans son Éloge de Richelet : « Il est surprenant que cette vie soit si courte, qu'elle ait à peine une page en gros caractères , tandis que plusieurs écrivains médiocres en remplissent plusieurs d'un caractère fort minuté dans la bibliothèque des Auteurs cités par Richelet » (Eloges de quelques auteurs Fratiçais, p. 152).

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disent constamment septante, octante, etc. Choisi pour arbitre, je dis que soixante-et-dix était le meilleur, et que septante ne valait guères. Aussi, me dit l'un, j'ai toujours mis soixante-et-dix ; et moi, dit l'autre, toujours septante... Voilà d'où vient la bigarrure qui saute aux yeux sur ce point. C'est une bagatelle, il est vrai, mais enfin bien des gens crieront après moi quand ils verront tant de septante. J'en suis pourtant tout consolé.

» Du reste, j'avais deux fort bons compositeurs, et la plupart des fautes de chiffres, que l'on prendra pour fautes d'impression, viennent de moi. J'avoue que j'en suis surpris... Ce qui pourra paraître étrange, c'est que j'ai lu dix fois , sans les apercevoir, ces fautes , qui devaient pourtant me crever les yeux. Je ne les ai vues qu'après avoir laissé l'ouvrage plus d'un mois sans le relire... Je les ai corrigées dans l'exemplaire que j'ai envoyé au P. Oudin (i).

» Pour ce qui est des omissions, l'ouvrage en est plein, et je sens que si j'y remettais la main aujourd'hui, je l'augmenterais de plus du double sans beaucoup de peine. Il est vrai que je n'ai pas eu dessein de tout dire. Cependant, il ya divers articles que j'ai prétendu donner aussi complets qu'il m'était possible... (2).

» Quant aux cartons, ils ont été faits sans ma participation, et on ne me

(1) Les Bibliothèques municipales de Lyon et de Grenoble possédant chacune un exemplaire de la ^Bibliothèque du Richelet corrigé et annoté de la main de M. Le Clerc. Aucun cependant n'est celui sur lequel il travailla dans la suite, et que l'on reconnaîtra à cette marque indiquée dans sa lettre à Papillon, en date du 6 juillet 1729 : « J'ai fait relier un exemplaire de mon ouvrage avec deux feuillets de papier blanc entre chaque feuillet d'impression, et j'y mets tous les auteurs que j'ai omis ».

(2) « J'ai omis au moins trois ou quatre cents auteurs cités par Richelet : l° parce que je me trouvais trop borné ; 2° parce que bon nombre d'entre eux ne m'étaient pas fort connus. J'avais eu dessein de dire un mot de Gui Guillot, sieur de Germigny, médecin non pouilleux, parce que les Anes n'ont point de cette espèce de vermine ; mais je n'avais rien à ajouter à ce qu'en dit Richelet. J'avais pourtant, depuis plusieurs années, quelques vues à son sujet. J'ai étudié avec un Guillot, qui certainement pouvait être agrégé au privilège d'avoir des poux , car il n'était nullement âne. Il est aujourd'hui auteur à grand collier, mais connu sous un autre nom. Il m'était venu en pensée qu'il pouvait bien être fils de ce Gui Guillot, et que les Révérends Pères lui avaient fait quitter son nom pr opter hoc. Il a donc pris, depuis environ 3 > ans qu'il est entré chez les Jésuites , le nom de sa mère , qui est Sanadon. Mais, comme vous le verrez sans peine, c'est un fait à édaircir. D'ailleurs, j'aime mieux qu'un autre que moi développe le mystère, supposé qu'il fût comme je me l'imaginais. Au reste, Richelet insultait aisé-

les a montrés qu'en me faisant voir une épreuve. C'est Etienne, libraire de Paris qui les a fait faire, et voici pourquoi. A la fin du mois d'août, comme il ne restait plus à imprimer que la trentième feuille de mon Catalogue, on lui en envoya un exemplaire qu'il avait demandé. Les Jansénistes , qui se mêlent de tout , lui avaient , dit-il dans une de ses lettres , reproché de ce qu'on s'en rapportait à un homme comme moi. Il ajoutait que ces Messieurs menaçaient même de faire supprimer tout le livre. Etienne remit mon Catalogue entre les mains de je ne sais qui. Celui-ci le garda environ deux mois , et après avoir intéressé à ce sujet l'abbé de Pomponne et sa famille , ainsi que M. de Torcy, il a fait les cartons en question au nombre de quatre. Il en avait fait six, mais les libraires de Lyon en ont laissé deux, parce qu'on les mettait en dépense pour quelques lignes seulement... Pour les quatre autres cartons, les deux premiers sont pour les (articles) Arnauld... J'ai souligné dans l'exemplaire du P. Oudin ce que l'on a ajouté dans l'article de l'Avocat. Dans l'article du Docteur, on n'a fait que retrancher les trois ou quatre dernières lignes... Le troisième carton a été mis pour la page LUI. On y avait retouché l'article Duguet... Le quatrième carton est à la page CXV, où l'on a retranché quelque chose qui était au mot Laurent Daniel, contre deux endroits un peu Port-Royalistes de Richelet. A la place on a mis ce que j'ai souligné dans l'exemplaire du P. Oudin. Je voulais profiter de ce vide, et de quelque autre petit retranchement que je désirais faire pour grossir X errata; mais je ne fus point écouté. On me dit qu'un ample errata scandalisait les lecteurs. On est malheureux quand l'on n'est pas le maître de sa besogne » (1).

ment de fantaisie et par passion. Si j'avais su quelque bien de ce Guillot, et de quoi contrebalancer ce qu'en dit Richelet, j'en aurais parlé » (Lettre de M. Le Clerc à l'abbé Papillon, du 6 juillet 1729)-

(1) Les curieux qui désireraient connaître les passages cartonnés les trouveront dans la lettre de M. Le Clerc a l'abbé Papillon, en date du 8 janvier 1729. — Ces détails concernant les cartons expliquent un passage du P. Nicéron, ou de son éditeur, le tome XL de ses Mémoires ayant paru après sa mort. Il dit en parlant de la Bibliothèque du Richelet : « Elle est remplie de particularités singulières et curieuses que l'auteur avait recherchées avec beaucoup de soin. Il y a cependant bien des fautes ; d'ailleurs l'abbé Le Clerc y a fait entrer de longues discussions sur les affaires de l'Église, qui sont absolument étrangères à son sujet, et que l'on a eu soin de retrancher dans les exemplaires qui sont venus à Paris » (Mémoires, t. XL, p. 376). Ensuite on renvoie le lecteur à la lettre de D. Le Cerf dont il sera parlé au chapitre suivant. C'est bien le cas de redire avec M. Le Clerc :

« Ce coup part, jen suis sûr, d'une main Janséniste. »

M. Le Clerc ne fut pas plus heureux au sujet de l'article qu'il avait composé sur M. Aubert, éditeur du Dictionnaire. « Je le lui envoyai, dit M. Le Clerc, afin qu'il le rectifiât, s'il y avait quelque chose de peu exact. Après qu'il l'eut examiné, il dit au libraire qu'il y avait trop de louanges, trop d'inutilités, trop de choses dont le monde ne se souciait point. Sur-le-champ il mit la main à la plume, et composa l'article que j'ai mis en son lieu, tel qu'il me l'avait envoyé, à la réserve d'une ou deux dates que j'ai ajoutées. Il faut savoir que M. Aubert n'est point du tout dans le goût de la menue littérature historique moderne, et qu'il appelle inutilités ce que moi et d'autres gens comme moi appellerions particularités curieuses » (Lettre à M. de La Bastie, du 9 janvier 1729).

Les plaintes si légitimes de M. Le Clerc trouvèrent un écho dans le cœur de ses amis, qui méritèrent surtout ce nom par les observations critiques dont ils accompagnèrent leurs condoléances. Au premier rang, il faut citer le Président Bouhier.

« C'est un peu tard , Monsieur, que je vous fais mes remerciments, tant sur l'exemplaire de votre Bibliothèque du Richelet que vous avez eu la bonté de me procurer, que des différents éclaircissements que vous avez bien voulu me donner sur cet ouvrage ou me faire communiquer par MM. De La Bastie et Papillon, et par le R. P. Oudin. Je commence par vous plaindre sur la gêne où l'imprimeur vous a tenu à cet égard , et sur les différentes traverses que vous avez essuyées. C'est ainsi qu'on a coutume d'être payé en servant utilement le public. Il n'y a rien de plus ridicule surtout que de vous avoir envié l'honneur de donner la Vie de Richelet en vous chargeant du soin de parler des auteurs que lui ou ses continuateurs ont cités. Mais je compte que vous voudrez bien m'en dédommager en m'envoyant cette Vie que je vous renverrai après en avoir tiré une copie. Du reste, j'ai copié sur mon exemplaire toutes vos corrections , et suis bien fâché qu'on vous ait resserré dans des bornes si étroites , car cela nous a fait perdre bien des choses curieuses que peut-être n'aurez-vous jamais occasion de nous apprendre. Nous vous sommes pourtant bien obligés de toutes celles que vous nous avez apprises dans cet ouvrage , qui sera toujours fort aimé de ceux qui ne méprisent point, comme M. Aubert, les particularités de la vie des gens de lettres... Venant à votre ouvrage que je n'ai pu encore parcourir que légèrement, je vous dirai quelques petites remarques que j'y ai faites, et dont vous ferez tel usage qu'il vous plaira » (3 mars 1729).

Ces remarques remplissent six pages in-40 d'une écriture serrée, et elles furent bientôt suivies de douze autres pages de critique sur divers articles de la Bibliothèque, que le Président trouvait néanmoins « bien fournie et d'un furieux travail » (icr décembre 1728). Il engagea même son ami Mathieu Marais à en prendre connaissance. « Vous ferez bien, lui dit-il, de parcourir la Bibliothèque de l'abbé Le Clerc. Vous y êtes cité en deux ou trois endroits. Il y a par-ci parlà des faits assez curieux, entre autres sur les brouilleries et diversités de sentiments sur la grâce entre MM. Arnauld et Nicole. Il possède parfaitement l'histoire anecdote de ce parti ; et il démasque fort bien l'opposition de sa doctrine avec celle des Thomistes, auxquels ils (les Jansénistes) affectent aujourd'hui d'être si fort attachés. Le bon homme, malgré sa critique, n'a pas laissé de faire plusieurs fautes. Je lui ai envoyé sur cela un bon cahier de remarques. Il a presque acquiescé sur tout. Il a cela de bon qu'il est charmé qu'on lui montre en quoi il a erré, ce qui prouve qu'il ne cherche que la vérité » (21 mars 1729).

Mais M. Le Clerc n'était, aux yeux de Marais, qu'un adversaire de Bayle, et qui « méprise » Bayle « n'a, selon » Marais, « ni Dieu, ni foi, ni loi. » Il nous répugne de transcrire les paroles par lesquelles il caractérise la Bibliothèque et son auteur, qui l'appelait et le croyait naïvement son ami. Certes, on nous rendra cette justice que nous ne dissimulons pas les défauts de la personne non plus que des écrits de M. Le Clerc; mais quand nous le voyons traité d' « homme grossier, bas, qui ne peut dire de bien de personne, pas même des plus grands hommes ; » quand nous entendons qualifier d' « expression la plus plate » dont puisse se servir une personne « qui ne sait point vivre » un mot qui, dans l'usage de la langue comme dans l'intention de M. Le Clerc, était un terme d'honneur et de politesse, nous plaignons celui qui se laisse aveugler à ce point par le préjugé ou par la passion; nous nous taisons par pitié pour le censeur bien plus que par commisération pour sa victime, et nous crovons faire assez d'indiquer en note l'endroit du livre où l'on pourra lire ces

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sortes de choses (1). L'expression Monsieur V Avocat Marais est-elle, en effet, « plus plate » que celle de Monsieur le Président Boubier? Est-ce pour l'auteur qui s'en est servi, ou bien pour son trop susceptible critique, que le Président témoigne plus de complaisance lorsqu'il écrit à celui-ci : « L'on ne saurait excuser la manière dont il (M. Le Clerc) parle de beaucoup de gens de mérite, et de vous surtout, Monsieur, qui méritiez par tant de titres d'être traité par lui avec distinction. Mais le bon homme n'en sait pas davantage, et il faut lui pardonner cela en faveur de sa candeur et de sa simplicité » (4 juin 1729). Quoiqu'il pense faire beaucoup en accordant au condamné le bénéfice des circonstances atténuantes, l'illustre magistrat nous semble ici manquer d'impartialité, et nous nous portons appelant de sa sentence.

Combien l'abbé Papillon était un censeur plus équitable! Censeur sévère, cependant, mais vraiment officieux, car ses remarques tendaient à l'amélioration de l'ouvrage. Lui aussi envoya \ M. Le Clerc de longues et nombreuses lettres (2), dans lesquelles, après s'être plaint des libraires, qui « en usent » avec les auteurs « comme les procureurs qui prétendent avoir droit de faire passer les parties par les formalités qu'ils se mettent en tête », le savant Dijonnais montre en détail qu'il manque aux articles de la Bibliothèque « beaucoup de petites révisions » et plus d'une indication d'ouvrages à la partie bibliographique du livre (Lettre du 16 déc. 1728). Cette critique, toujours motivée et toujours polie, était d'autant plus sincère que, avant la publication de l'ouvrage, l'abbé Papillon en avait prophétisé le succès avec un peu trop d'enthousiasme, tout en prédisant avec plus de vérité de quel côté viendraient ses principaux détracteurs.

(1) Lettre de Marais à Bouhier du 31 mai 1729. Journal, tome IV, page 28, 29. — Desmaiseaux, éditeur de Bayle, était bien moins prévenu contre l'auteur de la Bibliothèque du Rickeki, puisque, selon qu'il l'écrivait à Marais lui-même, il aurait voulu « faire réimprimer les livres de l'abbé Le Clerc en Hollande » (Lettre de Marais à Bouhier, du 23 octobre 17 30. Journal, tome IV, p. 173).

(2) Voir surtout celles du 51 mars et du 20 juillet 1729.

« Je lus hier la lettre dont vous m'avez honoré à ces Messieurs, qui furent bien aise, ainsi que moi, d'apprendre que votre Richelet paraîtrait au premier jour, et que les imprimeurs entendaient enfin raison sur votre Catalogue. Il ne peut être trop long ni trop bien imprimé. Ce sera la partie noble du corps , et plus de curieux le visiteront que le reste du livre. L'on connaît votre goût littéraire ; je suis sûr que vous allez être accablé d'éloges et que cet essai vous produira mille invitations à vous appliquer à d'autres pareils ouvrages. S'il m'était permis de m'expliquer là-dessus, je vous demanderais une révision des Jugements des Savants par Baillet Je dois faire ici mention d'un petit soupçon que quelques personnes ont eu contre vous. On voulait m'insinuer que dans votre Catalogue vous prendriez les mêmes idées que vous avez suivies dans vos Remarques sur Morèri contre tous les auteurs de Port-Royal. J'ai pris votre parti envers et contre tous, et j'ai dit qu'il ne s'agissait point de dogmes dans cette occasion ; il ne s'agit que de l'histoire des ouvrages d'un auteur et de ses éditions ; que vous ne faisiez là qu'un personnage d'historien, et que tout le reste devenait indifférent » (9 mai 1728).

Comment et dans quelle mesure devaient être réalisées ces craintes et ces espérances, la suite va nous le montrer.

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