CORRESPONDANCE A\'EC LE P. LELONG
fort estimé ». Ayant su qu' « un habile homme de la province travaillait sur son ou\Tage », le P. Lelong pria le P. Desmolets, sous-bibliothécaire de l'Oratoire de Saint-Honoré, de vouloir bien s'informer du nom de cet homme. Le P. Desmolets interrogea Tabbé Brillon et apprit de lui que le critique bienveillant était M. Le Clerc. Alors, le P. Lelong prit le parti de s'adresser directement à celui-ci (Lettre de l'abbé Brillon à M. Le Clerc du 14 novembre 1720). Il le fit par la lettre suivante :
« J'ai appris que vous aviez fait des remarques sur la 5i- » blwthique historique de la France, et que vous vous disposiez » à les donner au public. Je vous suis obligé de ce que vous » avez bien voulu examiner cet ouvrage, dans lequel je recon- » connais qu'il m'est échappé quelques fautes, que j'ai corri- » gées. Je vous aurais encore plus d'obligation si, au lieu de » publier vos Remarques, vous m'en envolassiez une copie «manuscrite. J'espère, dans la suite, donner ime nouvelle » édition; je ne manquerai pas, si vous m'accordez cette » grâce, de vous en faire honneur. Voyez, Monsieur, quel » parti vous paraîtra le plus honnête et celui qui vous con- » viendra le mieux. Si vos Remarques me tombent entre les » mains, imprimées ou manuscrites, j'en ferai mon profit. » Je suis, etc. »
Cette lettre est du 13 août 1720. La réponse de M. Le Clerc ne se fit pas attendre ; elle est du 14, c'est-à-dire du jour même où il reçut celle du P. Lelong :
« Mon révérend père, j'ai été fort surpris, mais bien agréa- » blement, en recevant la lettre que vous m'avez fait Thon- » neur de m'écrire. Je puis vous assurer que je n'ai jamais » pensé et que je ne pense point encore à publier aucun ou- » vrage contre le vôtre. 11 est vrai qu'ayant fait l'acquisition )> de votre curieuse et savante Bibliothèque dès qu'elle parut, » j'en ai lu depuis la meilleure partie, non pas cependant tout » de suite, mais suivant la fantaisie ou le besoin où je me » suis trouvé quelquefois de m'instruire, ou seulement pour » m'amuser. Q.uand je suis tombé sur quelque endroit fautif, » je me suis contenté de marquer la faute en marge ou d'y » mettre la correction nécessaire, si je la savais. Ces endroits