‹ Vie, écrits et correspondance littéraire de Laurent Josse LeClercChapitre 50 sur 83 · CONSULTATION SUR LES « INCOMMUNICANTS · texte numérisé non relu

CONSULTATION SUR LES « INCOMMUNICANTS

intinicants (i), prétendaient, contre ceux qu'ils appelaient tolérants, V que les hérétiques notoires, et par conséquent les Jansénistes, étaient excommuniés de droit divin, et, comme tels, privés de juridiction dans l'église; 2^ que les catholiques qui communiquaient avec eux in diviniSy soit en s'en faisant approuver pour la confession, soit en leur demandant les sacrements, étaient eux-mêmes sans aucune juridiction, et coupables de péché grave, alors même que la communication n'exposait à aucun danger de scandale ou de per\'ersion; 3** qu'il en était de même, et cela jusqu'à l'infini, de tous ceux qui communiquaient avec ces communicants.

L'origine de ce démêlé , qui occupa les théologiens et bon nombre de fidèles pendant environ trente ans, remonte à l'année 17 19. A cette date, le P. Paul de Lyon, capucin, mit au jour un volume in- 12 intitulé : Lts ennemis déclarés de la Constitution Unigenitus privés de toute juridiction spirituelle dans l'Église. Languet de Gergy, Évêque de Soissons, ayant, dans sa réponse à l'Évêque d'Auxerre, embrassé un parti opposé sur la même matière, et dit au sujet du P. Paul un mot qui ne plut point à ce religieux, celui-ci s'attaqua directement au Prélat, et publia en 1724 un nouveau livre sous le titre de Difficultés proposées à Monsieur VÉvique de Soissons sur sa Lettre à Monsieur d'Auxerre m réponse à celle de ce Prélat ; par un Théologien catholique.

Ces deux écrits, qui n'étaient point indignes d'un théologien, firent sur le public quelque impression. Pour en paralyser les effets, le P. Hongnant, jésuite, inséra dans les Mémoires de Trévoux (janvier 1725) un excellent article dirigé contre les Difficultés du P. Paul de Lyon. Ce dernier y opposa, la même année, sa Réponse à la Dissertation de l'auteur des Mémoires. L'année suivante, parut le Traité Théologique oà l'on démontre que les fidèles ne peuvent communiquer en

(i) On appela aussi plus tard du mùme nom les Anticoncordataircs ou membres de la Petite Église, opposés au Concordat par lequel Pie VII avait réubli en France le culte catholique (Blanc, Cours d*Hist. Eccïés,, Leçon CCII; Paris, 1860, tome II, p. 697).

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