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a A rarticle d*Amelot de La Hotissaie, notre savant Bibliothécaire , après l'abrégé de la vie de cet auteur et une liste de ses œuvres, s'arrête particulièrement sur l'ouvrage posthume qui a paru sous son nom, en 1722, avec le titre de Mémoires historiques, politiques et littéraires » (p. 2101). « M. de La» Monnoye, dit-il, m'a écrit que ces Mémoires ne viennent point d'Amelot, et je suis fort porté à l'en croire. Je ne voudrais pas, néanmoins, nier qu'il n'y eût quelques articles trouvés parmi les papiers de notre Âmelot. Il parait que pour en fiaire
deux volumes, on a tiré divers traits de plusieurs livres
qu'on a copiés sans beaucoup de choix. Aussi y a-t-il une grande quantité de fautes très-considérables. » — a Notre critique se borne à trois ou quatre faits intéressants dont il démontre la fausseté. D'autres points de ces Mémoires posthumes sont encore relevés dans quelques endroits de la Bibliothèque, par exemple aux articles Daucour, Le Camus, Duperron, Richelieu, etc. Us. y sont réfutés de point en point avec beaucoup de netteté et de solidité. »
A propos du P. Amelotte, de la Congrégation de l'Oratoire , il est .parlé des sentiments qu'avait à. l'égard de l'abbé de Saint- Cyran le P. De Condren (« c'est ainsi que son nom s'écrit, dit l'auteur, quoique l'on prononce Gondran »). « H est prouvé, en effet, que ce Père, après avoir eu pendant un temps des liaisons avec cet Abbé, rompit avec. lui, et que pendant les dix dernières années de sa vie, il ne le vit plus » (p. 2107).
On trouvera dans l'article Antoine Arnauld de curieux détails sur 1^ composition et les premières éditions du livre de ce Docteur, qui fit tant de bruit, ainsi que sur le peu de fidélité avec laquelle ont été traduits les textes cités dans la Frequente communion. Le sentiment de M. Le Clerc est que Saint Cyran conçut et dirigea l'entreprise , que les ermites de Port- Royal, dont les principaux étaient Le Maître et de Saci, son frère, Lancelot, De Barcos, etc., furent appliqués à chercher et à traduire les passages des Pères, des Conciles et des Théologiens, et qu'enfin Arnauld, que Saint-Cyran « regardait avec raison comme la meilleure plume et comme le plus fort théologien de sa petite société, » eut « la gloire d'y mettre la
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dernière main, d'en faire un livre non-seulement bien écrit, mais encore couché en style dogmatique et même de controverse. »
Parlant des Jugements des savants de Baillet, M. Le Clerc dit que « M. de La Monnoye y a fait assez bon nombre de corrections dans rédition de Paris de 1722; que, nonobstant, il y reste bien des fautes, M. de La Monnoye n'ayant été engagé à y travailler que dans un temps où l'impression en était déjà commencée. » L'auteur de la Bibliothèque aurait bien voulu relever les « fautes que l'on n'a point corrigées , » mais il a senti qu'il allongerait trop cet article. Et ici M. Le Clerc est fort modeste, car, le 20 mai 1726, il disait au confident de ses travaux, au Président Bouhier : « On voit ici la nouvelle édition des Jugements..,, de M. Baillet, faite en Hollande en 17 vol. in-i2. Dans ma dernière lettre à M. de La Monnoye, je lui demandais s'il y avait contribué de quelque chose et s'il y avait fourni de nouvelles corrections (i). Au premier loisir, après nos retraites, je verrai cela par moi-même. J'aurais bien de quoi fournir un i8* volume en corrections, supposé que l'on n'en ait fait aucune. » L'abbé Papillon aurait bien voulu qu'elles « fussent en état d'être communiquées au public » (Lettre à M. Le Clerc, du 14 novembre 1727). Nous partageons ce sentiment, ainsi que celui de M. Le Clerc touchant les Vies des Saints écrites par Baillet.
Si le dernier historien du Cardinal de ^érulle avait eu connaissance de l'anide qu'en donne la Bibliothèque, peut-être que , pleinement convaincu par les raisons qui y sont exposées, et dont il paraît n'avoir connu qu'une partie, il se fût décidé à placer à l'année 1599 la conversion de Mademoiselle De Raconis. Sur ce point, en effet, comme le remarque fort bien M. l'abbé Houssaye, « l'autorité de Dom Liron n'est pas incontestable » (2), et elle n'en avait pas imposé à M. Le Clerc, quoique dans une lettre écrite le 1" août 1723,
(Or m. de la Monnoye n*a sûrement rien contribué d la nouvelle édition du Baillet » (Lettre de Bouhier à M. Le Clerc, du 2 juillet 1726).
(2) M. de 'BéruUe et la Carmélites de France, par M. Tabbé M. Houssaye; Paris, 1872, in-80, page 135, note.
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ce religieux crût avoir a démontré » que l'événement eut lieu en 1592 ou 1593, et qu'il se fût flatté de voir son sen^ timent adopté par M. Le Clerc.
Brantôme est jugé dans la Bibliothèque à peu près comme il Ta été récemment par M. Pingaud dans la Revue des Questions historiques (janvier 1876, p. i8é et suiv.). « Bien des gens, dit M. Le Clerc, se persuadent que Brantôme est un guide sûr pour les faits, et ils croient apercevoir dans ses Mémoires une franchise qui semble répondre de sa bonne foi, mais je crois qu'il faut être sur ses gardes quand on lit cet écrivain, » qui fournit plus d'une raison « de présumer qu'il n'a pas toujours eu les lumières, le désintéressement, la probité et les autres qualités nécessaires pour faire un bon historien. » A l'appui de ce jugement, M. Le Clerc examine le fait avancé par Brantôme du prétendu mariage du Cardinal Jean Du Bellay avec Blanche de Tournon, et il prouve fort bien que ce n'est là qu'une fable. M. Hauréau qui paraît ne connaître cette Dissertation que par la Lettre critique de M. Le Clerc, la cite avec éloge , et après être resté indécis sur la question, dans la première édition de son Histoire littéraire du Maine, il se range à l'avis de M. Le Glerc dans la seconde (i).
a A l'article de Sébastien Le Clerc, on remarque que dans son Discours touchant le point de vue, il avait montré que Us choses qu'on voit distinctement, ne sont vues que d'un œil; que
(i) Histoire littéraire du Maine; Au Mans, 1845, tome III, page 139. Nouv. édit. Paris, 1872, tome IV, page 134. « Si l'on veut avoir d'autres détails sur cette Dame de Châtillon et sur Tinvraiscmblance de son mariage avec Jean Du Bellay, on peut consulter le tome V de la Correspondance iné' dite du Président BouJn'er (Mss. de la Bibl. Nat.). On y trouve une longue lettre de Tabbé Le Clerc dans laquelle le récit de Brantôme est très-ingémeusement commenté » (Hauréau, loc. cit., éd. de 1843 , t. III, p. 457). La discussion de ce fait comprend les pages 252-269 de la Lettre Critique manuscrite. M. Le Clerc Ta supprimée dans le texte imprimé , parce qu'il Tavait déjà donnée dans la bibliothèque du RicMet, — Le dernier éditeur de Brantôme, M. Ludovic-Lalanne , déclare ce mariage « fort peu vraisemblable, » et croit qu'on « n'en trouverait la mention dans aucun autre historien » (Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille , seigneur de Brantôme, etc.; Paris, 1876, t. IX, p. 677, note).
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. ce sentiment fut regardé conlme nouveau, et rejeté par bien des savants à cause de sa singularité ; que l'auteur ne connaissait aucun philosophe qui, avant, lui, eût pensé de la même manière sur ce sujet, et qu'il n'avait jamais pu trouver aucune trace de cette opinion dans les anciens. Mais, ajoute-
. t-on, un de ses fils nommé Claude, a découvert un philosophe du même sentiment. C'est M. Gassendi dans une lettre datée de Marseille du 13 octobre 1637, qu'il écrivait au célèbre Galilée pour le consoler de la perte d'un de ses yeux » (-1). Trois ans après la publication de sa Bibliothèque, M. Le Clerc découvrit deux autres auteurs qui avaient pensé comme
' son père. Nous sommes assurés d'entrer dans les sentiments du fils, en rapportant les paroles par lesquelles il annonçait au Président Bouhier cette nouvelle découverte. « J'achetai, il y a huit jours, 200 volumes du Mercure Galant, et des 22 premières années, à deux sols le tome. En conmiençant à les parcourir, j'y ai trouvé bien des bagatelles littéraires... Par exemple, je trouve dans V Extraordinaire du quartier de juillet j68s, que Comiers, dans sa onTJéme partie du Traité des Lunettes y y dit, p. 264 et 265, que Gassendi, et longtemps avant lui, les célèbres J. Bapt. Porta et Sennert ont cru que l'on ne voyait jamais un objet distinctement des deux yeux à la fois. Par où j'apprends qu'avant mon père, trois auteurs de réputation ont cru comme lui. J'aurais donné un bon écu pour pouvoir faire entrer cela dans cet article de ma Bibliothèque où je n'ai cité que le seul Gassendi » (26 juin
« Dans l'article de Galilée, » M. Le Clerc « donne toute la
suite des procédures que fit le tribunal de l'Inquisition de
Rome, tant contre Galilée que contre quelques autres qui
(i) Idéfttoires cU Trévoux, pages 2109, 21 10. — En homme délicat, M. Le Clerc tient à ce que son frère seul ait l'honneur de la découverte. « Qaude Le Clerc , dit-il , qui a observé le passage en question de Gassendi , est le . seizième des dix-huit enfants qu*a eus Sébastien. J'observe cela, afin d'empêcher que bien des gens qui connaissent le troisième des enfants du même Sébastien , et qui savent qu'il se mêle de littérature et de découvertes , ne lui attribuent celle-ci » (Bihlioth. du Richclet, art. Clerc).