TRAITÉ DU PLAGIAT LITTÈEAIRE
de Pierre Pithou. Maïs M. Le Clerc acquit bientôt la conviction que ce n'était là, pour nous servir de l'expression du Journaliste de Trévoux, qu'une « sottise », et il en donûa les preuves au Président Bouhier.
« L'accusation de plagiat contre MM. Du Puy, dit-il, roule sur les Preuves des Libertés , les Treuves des Droits du Roy et les Preuves de la contestation entre Boni face UII et PJnlippe le Bel, Je ne crois pas qu'il soit fort difficile de faire voir que l'accusation est mal fondée. Les Droits du Roy : on voit que M. Du Puy avait presque tout tiré des Registres de la Chambre des Comptes, et il regardait ce volume comme celui dont les recherches lui avaient le plus coûté de temps et de peine. Il y cite en quelques endroits des monuments qui avaient été entre les mains de M. Pithou , mais il ne dit point qu'il les eût en sa possession. Il en est à peu près de même des deux ouvrages du P. Sirmond. Ce Père a marqué presque partout les bibliothèques où il avait puisé , et celles où sont les manuscrits qui lui avaient fourni des variantes Uctiones. Il déclare dans sa Préface que plusieurs savants lui ont procuré àe& pièces , qu'il les citera dans l'occasion , et qu'il lui suffit de dire qu'il n'est personne à qui il soit redevable autant qu'à M. de Peiresc. Ce n'est pas là assurément agir en plagiaire. D'ailleurs l'accusateur dit que MM. Du* Puy avaient eu ordre de ramasser tout chez M. Pithou, et de le mettre dans la Bibliothèque du Roy. Si le vol eût été tel qu'on le dit, qu'auraient-ils donc mis dans cette Bibliothèque? Mais, après tout, quel témoin donne-t-on du vol? Car au fond c'est là le point » (27 juin 1727).
Le Traité du Plagiat comprenait très-probablement encore les auteurs que M. Le Clerc a disculpés sur ce point dans sa Bibliothèque dît Richelet : — Pierre Belon, médecin et naturaliste , accusé d'avoir, à la mort de son maître Pierre Gilles , volé une partie de ses manuscrits pour les faire ensuite imprimer sous son propre nom (i); — Jacques du Bosc, Cordelier, auteur d'une traduction des sermons du P. Narni, que Bayle dit lui avoir été cédée par Perrot d'Ablancourt (2) ; —
(i) Le P. Nicéron, auquel la 'Biographie universelle de Michaud renvoie pour la complète justification de Belon, n'a lui-même fait que copier, en l'abrégeant, cet article de la Bibliothèque du Ricljelet. U la cite cependant à la fin de sa Notice (Mémoires, t. XXIV, p. 39-43)-
(2) Voir aussi Remarques critiques sur le Dict. de 'Bayk, art. Narni et Perrgt d^Ablancourt. Dans ce dernier article, M. Le Qerc dit s'élrc « amusé, »