nunt dc plagut uttékare
FUury ou Booel, nom sous lequel furent données deux édirions (urtîves, — les deux premières, — dc YInsîituSion au droit euUsiastiqut de Fleury (i); — enfin, le P. Labbe, dont
l'Apologie, selon Févret dc Fontenc, était « à la fin du Traite du Plagiat » (2). Toutes succinaes qu'elles sont, ces discussions solides et savantes dédommagent un peu, ou plutôt inspirent un plus profond regret de la perte de cet ouvrage.
L'Apologie du P. Labbe en parûculier devait être bien complète et bien victorieuse, si nous en jugeons par « l'idée » que M. Le Clerc en donne dans sa Bibliothèque du Ricbekt. Son résumé n'a pas moins dc quatre colonnes in-folio d'un caraaèrc très-serré. Nous ne pouvons qu'en indiquer sommairement les points principaux, mais le peu que nous en dirons suffira pour attirer l'attendon des leacurs sur ce travail beaucoup trop ignoré de plusieurs biographes du P. Labbe. Ici encore nous laisserons le plus ordinairement parler M. Le Clerc.
« J'observe d'abord les variations dc M. Baillet qui, en divers endroits, a parlé honorablement du P. Labbe, mais qui n'a pas manqué de le maltraiter toutes les fois que ce Père s'est trouvé aux prises avec Pon-Royal. — Je rappone divers jugements avantageux que beaucoup dc savants de réputation ont porté du même P. Labbe, dc sa grande érudition », soit dc son vivant, soit après sa mort. — ^ Je viens aux accusations de plagiat, et je fais voir qu'il n'y en a pas une qui ne soit fausse. Je commence par la plus ancienne, et je la discute à fond. L'accusateur est le savant géographe Nicolas Sanson. Choqué dc ce que le Jésuite l'avait critiqué en quelques endroits de son Pharus Gallia, in-12, imprimé à Moulins en 1644, il entreprit de prouver que le P. Labbe,
quelques années avant la publication dc ses Remarqués, « à rechercher tous les Perrot dont il y avait quelques vers'd'imprimés , ne fût-ce qu*un ample distique. »
(i) Boucher d*Argis a fort bien cclairci ce point dans V Avertissement qu*il a mis en tète de son édition de V Institution au Droit eccUsiastiqne ; Paris, 1762» tome I , page viii-xv.
(2) bibliothèque historique de la France, tomc III, p. Lxxn, note.
TRArrfe DU PLAGIAT LITTERAIRE 289
dans cet ouvrage, était coupable bu de plagiat ou d'erreur sans exception sur chaque mot ». Il publia en 1647 et 1648 deux volumes m-12 de 246 et de 283 pages où il fait « l'essai d'une critique si bizarre ». Mais des quatre parties qui composent l'écrit du P. Labbe, Sanson n'attaque que la seconde ; encore sa critique ne touche-t-elle qu'à des fractions de cette partie, de sorte qu'il se trouve n'avoir censuré qu'environ trente pages sur plus de trois cents du livre de son adversaire. Or, « après une exacte discussion » qu'il a faite de cette dispute, M. Le Clerc assure que, « de chaque centaine de coups que Sanson tire sur le Pharus et sur son auteur, il y en a au moins quatre-vingt-quinze, de compte fait, qui portent à faux, et dans lesquels les imputations de plagiat ou d'erreur, sont fausses et la plupart calomnieuses » (i). — Mais, à propos de Sanson, n'oublions pas le petit divertissement que M. Le Clerc donne à ses lecteurs. « Le pauvre Sanson, dit-il, bon géographe mais mauvais critique, ne savait pas même en quoi consiste ce que l'on appelle Plagiat dans la République des Lettres. U croyait très-fermement que dès qu'on citait un auteur pour marquer qu'on lui était redevable de la découverte, on était par cet aveu convaincu de plagiat. Donnons-en un exemple. Labbe avait dit : Aniim... Aime... ou Jacquemont, ut in altéra editione scripsit Sanson. Un autre se serait bien donné de garde de crier ici au voleur, au plagiaire. Mais Sanson qui n'y entend pas finesse, s'enroue à le crier. Loci situm et explicatianem mutuatus est plagiarius noster ex nostrâ Tabula...! »
« Pour faire une Apologie complète du P. Labbe contre Sanson, continue M. Le Clerc, j'ai discuté pied à pied toutes ses accusations. » Après quelques exemples de la futilité et du peu de fondement de plusieurs d'entre elles, M. Le Clerc ajoute ces paroles qui ont encore aujourd'hui, et ici même, leur application : « Je m'étends peut-être un peu trop sur ceci, mais ce n'est pas inutilement, parce que beaucoup de gens ne savent rien de ce différend du P. Labbe et de Sanson que sur le faux
(i) LtUre critique sur le Dictionnaire de BayJe, pages 37, 38.