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« Quand nous fumes dans mon cabinet j'en fermai la porte, et je le priai de me dire à combien il évaluait la perte de son procès. — Au moins à quatre vingt mille francs. — Eli bien!
Monsieur je vais vous en remettre la moitié ( j'avais recula veille un remboursement de 4o,ooo fr.) et une obligation pour somme pareille dans deux mois. ' — Quoi ! monsieur , et cpii vous obbgeà un Ici sacrifice? .— Le devoir le II. ^
( 26) }}lns impérieux ^ c'est moi qui suis cause que vous avez perdu votre procès ; c'est la négligence que j'ai eue de m'en rapportera mon secrétaire, dont je devais connaître l'incapacité , puisque j'avais préféré m'attacher un homme ayant des connaissances littéraires, faisant agréablement des vers, plutôt qu'un bon praticien. J'ai eu tort, je le répare : mais comme je nepourrais toujours réparer ceux que j'aurais sûrement encore , je vais vendre ma charge, et me livrer entièrement à l'heureuse oisiveté du Parnasse.
Ce pauvre homme ne pouvait concevoir ce qu'il.entendait'il ne voulait rien recevoir, puis , pressé par moi , il n'acceptait que le tiers , au plus la moitié. Aussi j'ai fini par lui dire que s'il n'acceptait pas tout , j'enverrais le reste à l'Hôtel-Dieu : 1 ia bien fallu qu'il cédât. J'avais dit que l'on n'ôtât pas les chevaux de ma voiture ; j'y ai fait placer
les quaraiilc sacs et je l'ai ramène chez lui.
Déjà sa femme avait su que le procès était perdu. Elle était au desespoir; quand elle vit son mari et autant d'argent, elle ne comprenait rien à cette aventure, et, pendant qu'il la lui expliquait, je me suis dérobé à des rcmercimens qu'ils ne me doivent pas.
J'ai été de suite chez M. le premier président, et l'ai prévenu que je ven* dais ma charge : le prix m'acquittera avec cette famille , que ma paresse avait ruinée ; mais je ne saurais vous dire combien je suis content de n'être plus rien , et de pouvoir me livrer à tous mes goûts,sans nuire à personne. » Nous lui marquâmes notre admiration do son désintéressement ; il m'assura qu'il n'avait fait (jue ce que tout autre aurait fiiit à sa place.
Je ne |)uis (piitter cet objet , sans rapporter ce qui se passa (inivc moi
Cas 3 et un zélé catholique, près d'un deinisiècle après. Celui-ci avait pris à moi un si grand intérêt , qu'il voulait le prolonger au-delà du temps, il^nie disait que la morale chrétienne était la seule qui pût coiiduire l'homme dans le sentier de la vertu. Me souvenant alors du trait de mon pauvre ami Desbarreaux; je me hâtai de le citer, tel que je viens de le rapporter. Il m'écouta avec une grande attention , et , comme il gardait un instant le silence, je croyais l'avoir convaincu. Quand il me répondit : ce Vous êtes glorieuse de pouvoir attester que cette action est d'un athée , comme la preuve que le seul amour de l'ordre peut porter à des actions héroïques. Eh bien ! je vous dirai qu'en rendant justice à la générosité de ce repentir , si Desbarreaux eût été chrétien , il n'eût pas eu besoin de faire un aussi grand sacrifice , pour réparer une faute qu'il n'eût pas commise j car
l'Iioininc que la rcli|;ion éclaire remplit avec une cxaclitudc scrupuleuso ses devoirs ; ainsi votre ami, loin de s'en remettre à son secrétaire du soin de faire son rapport , l'aurait fait luimême , et n'aurait pas employé son temps à se livrer aux plaisirs opposés à la gravite de son état , et ainsi il n'aurait pas été cause de la ruine de cette famille. 11 aurait laissé à la sienne sa fortune intacte , et des souvenirs honorables par la manière dont il auiait rempli les fonctions respectables dont la pro\idenec Pavait chargé. Je ne {)us rien répondre à cet argument , et il ne fut pas cutièrcment perdu ; car je me le rappelai, quand il ne me resta sur la terre d'autres ressources que celles qui m'étaient ofier tes par celte religion, qui n'est outragée (jue parce (ju'elle n'est pas connue.
c( Savez-vous que j\-taisprès de quitter le h\re à la lin de \olre ennuyeu.s
( 3o) sermon ? est-ce pour nous faire lire une homélie, que vous écrivez votre histoire ? en vérité , sur le titre on ne s'en douterait pas. — On sait le proverbe. • — J'en conviens, mais enfin c'est l'histoire de votre jeunesse que nous voulons. • — J'y reviens.
Ninon qui savait très-bien vivre , pensa que Desbarreaux voulait avoir la récompense de sa belle action , et elle nous laissa. Après nous être dit tout ce que l'attachement le plus tendre et le plus constant peut inspirer, nous parlâmes de Cinq-Marcs ^ son opinion sur le mariage était toujours la même. Il ne le regardait que comme lin lien social qui assurait l'état des enfans sans imposer d'autres devoirs que ceux de la nature. Cette morale qui m'avait révoltée à dix-huit ans, me paraissait si commode à plus de trente, que je n'étais pas loin de l'adopter. J'aimais bien plus M. de Cinq-Marcs, que
je n'avais ainié Dc^maretz , et j'avais voulu épouser celui-ci, qui arait trouvé le nioycn de se passer du sacrement , cl avec qui je n'avais plus aucune tendre relation, ne le vovant plus à peine chez moi. Desharrcaux me disait : « Vous avez bien pense vous marier avec voire premier amant. — Je n'en sentais pas les conséquences , je ne connaissais pas le prix de la liberté; d'ailleurs , m'a-t-il olFerl sa main? ))Dans le vrai,c*ctait là ce que je voulais, mon orf^ueil était flatte d'être la femme d'un grand écuvcr , d'un des plus beaux hommes de la cour, du fav<:>ri du Roi, mais surtout #e me trouver, j^ar ce moven^afTranchie du joug du cardinal, pour qui ma haine allait toujours cioissant, et portant mes espérances bien au-delà de ce qu'elles devaient être, je convins avec Desbarreaux que j'avais en effet rêvé ce beau mariage, et que j'étais bien décidée à tout employer [)Our y parvenir.
Desbarreanx me fortifia dans ce pro-jet j d'autant plus raisonnable , suivant lui, que le sacrifice rpi'il venait de faire, le mettait hors d'état de soutenir la dépense de ma maison^ que les prodii^alités de Buckingham avaient porté à l'état le plus somptueux , et il ajouta : en nous mariant ( ce qu'il disait je crois par politesse ) , il faudrait renoncer à la pension du cardinal , que je ne voudrais pas que la femme qui porterait mon nom , reçût. Alors nous serions pauvres,et forcés de quitter une société brillante et qui fait vos délices , au lieu qu'en épousant M. de Saint-Marcs , vous jouiriez delà fortune que les bon* tés du maître augmenteront chaque jour- vous auriez part à sa faveur , et alors , loin que votre cercle se trouvât resserré , il ne ferait que s'accroître et n'empêcherait pas que nous ne trouvassions l'instant denousprouverque rien ne pouvait altérer notre mutuel attache*
ment: ces instaiis plus rares, plus cn- \ironijcs crobslaclos en seraiciit plus délicieux, car , il laut en convenir , le mystère et les dillicultés réveillent l'amour qni s'endort quand rien ne s'oppose à SCS désirs; je le répète, celte morale était malheureusement devenue la mienne: et nous con\înmcs que de cet instant à celui où je serais la femme de Cinq-Marcs, nous éviterions avec i^rand soin tout moyen d'éveiller la jalousie du grand écuyer , et nous nous fîmes d'aussi tendres adieux que si nous eussions du faire l'un et l'autre unions voyage ; quant à moi, c'était assez vrai, car j'allais nVon]barf|uer sur une mer orageuse , sans aucuneconnalssancedes écueds qui m'y attendaient et qui faillirent ni'engloutir.
Cin(|-Marcs, au désespoir du peu de succès de ses démarches, me lit oDVir de m'épouscr SL'Crttement, parce que disait-il , il était minjur^ il se trouvait
(5-0 encore pour deux ans, sous l'autorité de sa mère qui, comme je le savais , était bien avec le cardinal. Je fis réponse que n'ayant point d'amour pour le grand écuyer, car je cachais avec soin les progrès qu'il faisait sur mon coeur, je ne voyais pas la nécessité de me ployer au joug du mariage, sans en avoir les honneurs. Que c'était bon pour une amante passionnée , qui , en mettant a.
couvert ses principes , sacrifierait sa réputation à la vivacité de son amour ; mais que pour moi j'aimais trop la liberté pour la perdre , et n'avoir qu'un état précaire.
Celte réponse déconcerta Cinq-Marcs qui résolut, à quelque prix que cefût,de se rendre maître de moi. J'ai déjà dit que l'argent ne lui coûtait rien : il fît acheter par son secrétaire une maison dont le mur était mitoyen de la mienne et cet homme , que je ne connaissais pas j vint s'y établir sur-le-champ sous
le nom du baron de Sastenacre : sa fcnjmc , sa fille et deux auties eufans vinrent y loger avec lui. Ils avaient un équipage, des gens en livrée , rien ne resseniblait moins à une intrigue que cet établissement ; j'entendais dans la journée des coups de marteau, qui rc- [)ondaient à ma chambre à coucher, mais je n'en étais j)as iiupiiète. Des gens (|ui viennent occuper une maison y font nécessairement (pielques cliangemens, qui obhgcnt à y avoir des ou- ^riers, et je ne me doutaij. de lien. Le grand écuyer, venait toujours à mes soupers, et, pour me donner le changCj d paraissait avoir reiioncé à moi, et s'occuper de INinon , qui savait bien à quoi s'en tenir, et faisait semblant de recevoir des hommages dont elle connaissait tonte la faiisbtîlé. Je plaisantais avec elle de sa nonvclle concpiètc , et elle répondait , avec son enjouement ordidauH' : c< An moJiis \on> ne doul» /,
pas que c'est à votre refus, et je crois que cela vous est assez glorieux : car rarement je donne asile aux désespérés.
Mais enfin c'est un moment de pitié qui s'est emparé de moi 3 au surplus, je vous le rendrai dès que vous le voudrez.» Je l'assurai que je n'en avais pas de regret , et nous parlâmes d'autres choses.
Cependant je me reprochais bien d'avoir eu la fantaisie de vouloir être publiquement la femme du favori, étaitce donc rie^ me disais-je , de l'avoir amené à ce point ? L'ambition m'ôte la possession d'un cœur sur le quel j'aurais eu un grand plaisir à régner. Mais pour rien au monde je ne voulais revenir sur mes pas.
Un mois se passa ainsi, sans que je pusse comprendre que Ninon m'eût enlevé Cinq- Marcs, qu'elle n'aimait pas : elle qui n'avait nulle ambition, qui ne souillait jamais les faveurs qu'elle
. ( 37 ) accordait à ses amans , par un sordide intërctjCt je me sentais réellement blessée et par ranillic et par l'amour. Un soir, que j'a\ais un très-j^rand souper où devaient être les ambassadeurs d'Espagne et d'Autriche -, j'avais voulu que tout annonçât la magnificence et la délicatesse dans ce repas , pour prouver aux étrangers, que nous avions dans ce ^enre, la supériorité sur toute l'Europe; chacun soutient la grandeur nationale ^aamanière:il est vrai (|ue nos beaux esprits qui s^y trouvaient aussi, inspiraient encore plus d'admiration que mon cuisinier ; et ce n'était pas peu dire.
Cinq-Marcs continua le nWc qu'il avait entrepris , parut éperduement amoureux de iNiuon , qui ne semblait pas insensible aux hommages du grand écuyerj je ne sais quelle humeur me saisit pendant le souper, mais je me surpris avoir vraiment dc la jalousie contre mon amie: il me paraissait qu'elle
( 38 ) aurait bien pu me laisser le tems de la réflexioiij et qu'elle avait assez d'autres moyens de célébrité, sans m'enlever le seul que j'eusse j mais pour rien au monde je n'aurais voulu me plaindre.
Le jeu se prolongea une partie de la nuit , et ce ne fut [)as sans dépit , que je vis le grand écujer et Ninon disparaître dès minuit. Si je n'avais pas cru. devoir des égards particuliers aux excellences 5 je me serais plaint d'un mal de tête , pour avoir le prétexte de me retirer, et je ne sais si je n'aurais pas porté la folie jusqu'à aller chez Ninon , pour reprocher à Cinq-Marcs, son infidélité , mais enfin je me contraignis, et, à trois heures du matin, je me trouvai libre. Je réfléchis qu'il était trop tard, que je ne pouvais surprendre le coupable, que sûrement il n'était plus chez ma perfide amie, et qu'il fallait attendre pour faire à l'un et à l'autre les reproches que j'imaginais qu'ils méritaient.
Je me couchai , et l'aurore qui paraissait , et tjui toujours invite au sommeil lorsque l'ofi ne s'y est pas livré pcudant la nuit , ferma mes yeux , et je m'endormis si profondément que je n'entendis point le bruit que dut nécessairement faire M. de Cinq-Marcs en arrivant dans nia chambic, par une ouverture qu'il avait fait pratiquer dans la miiradle et qu'une tapisserie de haute Fisse recouvraitjde sorte que je ne m'apperçus pas que l'on avait, pendant la soirée, enlevé la dernière assise qui empêchait la communication d'une chambredans l'autre. Il arriva droite mou lit et paraissait disposé à porter la témérité au dernier point, rjuaud,lioureuscment, je me réveillai, L'eilioi qu'il me causa fut extrême, je ne le reconnus pas au premier abord, et je ne lus pas plus rassurée quand je >is (pic c était lui; je voulus sonner, je trouvai que l'on avait coupé le cordon de la sonnette
(4o) qui était au chevet de mon Ut ; c'est inutile , me dit-il, vous n'avez ici aucun de vos gens. « Et où sont ils, disje , avec une surprise extrême ? — Chez moi, où ils vous attendent.
C'est un parti pris auquel rien , ma chère Marion, ne peut vous soustraire; ou vous allez venir avec moi par cette ouverture que je me suis ménagée par des moyens que je vous expHquerai plus tard ; et vous trouverez dans ma maison, comme je vous le dis, un autel préparé et le curé de Saint-Paul • qui nous attend pour bénir notre union:
ou je vous déclare que vous ne pouvez vous soustraire à mes transports.' — -Que dites-vous ? ô ciel ! quelle alternative! ' — Tous n'en avez pas d'autre , ou être ma femme ou ma maîtresse j choisissez.
— Je ne veux être ni l'une ni l'autre. • — C'est impossible autrement. Et je vis qu'il se disposait à porter l'audace jusqu'au dernier point. — Vous
le voulez; malgré rirré'^ularitc d un sem LIable marlaj^c, je dois encore {)référer ma propre estime à mon altachemcnt à la liberté. Je vous suivrai. Il se jeta à genoux près de mon lit, cl me supplia de ne pas retarder son bonheurqu'il avait été obligé d'attendre qu'il fit jour, parce que le curé n'aurait pu dire la messe avant. Je n'avais pas à craindre d'être trompée par un ministre suppose, car je connaissais le curé de Saint-Paul que j'avais \u plusieurs fois; parce qu'il venait chez moi pour obtenir des secours pour ses pauvres paroissiens, j'étais donc parfaitement tranquille de ce coté : mais il fallait me lever, m habiller ; j'aurais voulu avoir une de mes femmes. II m'assura que cela ne se pouvait |>as, que je pouvais me retirer dans ma ï uclle , oii on avait eu soin de préparer tout ce qui pouvait m'étre nécessaire pour le moment, qu'une fois de rautrecùle, je trouverais
mes femmes et une toilel te digne de ce beau jour , qu'au fond du cœur je ne redoutais pas autant que je le disais : mais j'étais toujours fâchée que ce mariage qui restait enseveli dans le mystère, ne changeât rien à mon état apparent, ce qui ne pouvait flatter mon amour-propre. 11 fallut bien cependant céder aux volontés de celui qui allait être mon maître.
Je passai dans ma ruelle , où était préparé le déshabillé le plus galant. Je voyais avec une sorte de rage que tout avait été préparé pour m'amencr où il voulait, et je ne doutais pas que lui et Mnon ne .m'eussent jouée comme un enfant, ce qui me désolait. Enfin je reparus et Cinq-Marcs me donna la main pour passer d'une maison dans l'autre, et , après avoir traversé deux ou trois pièces , où il yvait eu soin qu'il n'y eût personne, afin que l'on ne pût venir à mon secours, j'entrai dans un fort beau
( 45 ) cabinet de toilette où mes femmes m'attendaient. Le «;rand ccuycr se retira : mais à peine était-il sorti , que je vis entrer par une autre porte Ninon ^ qui me ])rit dans ses bras , et me dit : « Convenez que vous êtes bien en colère. • — Beaucoup 5 lui dis-je. • — \ ous ? êtes trop enfant pour votre à^c, quoi! ne voyez- vous pas les avan taises de cette brillante alliance. ■ — Je n'en vois que le danger, sans aucun dédommagement pour la vanité ; elle me mit la main devant la bouche et me dit , c'est un parti pris, vous devez vous soumettre à tre bonheur, et il fallut bien m'asj'iv devant une toilette de vermeil; Il laquelle était un écrindc cent mille francs, et une corbeille qui renfermait ( n bijoux et parures, tout ce que l'on |)cut imaginer de plus parfait.
Tantderaagniliccnce ne me touchait ^ucrc, et, (juand je pense au jieu <|ui m'en reste , depuis un i;iand nom-
bre d'années , je m'écrie : « O vanité des vanités , tout n'est que vanité ! » Ma toilette fut assez longue , et Cinq- Marcs fit demander plusieurs fois si je paraîtrais bientôt ; enfin je cédai à son empressement avant de passer dans la galerie , où le curé et les témoins m'attendaient , et oh on avait élevé l'autel qui devait recevoir nos sermens ; je jetai un coup d'œil sur une glace , qui répétait mes traits et ceux de Ninon , et je me trouvai, à cet instant, plus belle qu'elle. Quand les portes s'ouvrirent , ma surprise fut extrême de voir Desbarreaux ^ Bassompierre , Saint-Evremont et le comte de la Ferté , qui devaient être nos témoins , le curé , revêtu de ses habits ecclésiastiques, m'attendait au pied de l'autel , Cinq-Marcs m'y conduisit , je pouvais à peine me soutenir : un nuage était sur mes yeux , mon cœur était accablé de tristesse, et j^en voulais mortellement à celui
(45) <[ui allait elrc mon époux ,-dc m'avoir forcée à lui clouuor ma main clandestinement. Je ne sais ce qui se passait autour de moi ; je n'entendis pas un mot de ce que le curé nous dit dans un discours assez louij; ; enfin la cérémonie fut achevée , et j'avais pro-« noucé du bout des lèvres le terrible oui qui devait avoir pour moi de si grands dangers , que , si j'en avais été persuadée à cet instant , j'aurais préféré la rnort au chagrin et à finquiétude qu'il me causa.